
De violents affrontements entre détenus se poursuivaient samedi soir dans la prison de Guayaquil, dans le sud-ouest de l'Équateur, où au moins 68 prisonniers ont été tués ces dernières 24 heures, a annoncé le porte-parole de la présidence, Carlos Jijon.
«Le gouvernement national a le devoir d'informer qu'en ce moment de nouveaux incidents se produisent à l'intérieur du pénitencier (de Guayaquil), des attaques ont lieu d'un quartier à l'autre», a déclaré M. Jijon, qui a qualifié ces violences de «barbarie».
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Des violences entre détenus ont débuté vendredi soir dans le vaste centre pénitentiaire de Guayaquil, a indiqué lors d'une conférence de presse samedi la chef de la police, Tannya Varela.
Ces affrontements ont fait «jusqu'à présent 68 prisonniers tués et 25 blessés», selon l'unité en charge de récupérer les corps.
«Je suis presque certaine qu'il n'y a plus de prisonniers (morts) dans le bloc de cellules 2, car la police en a déjà repris le contrôle», a-t-elle assuré.
«Ces événements sont le résultat d'une dispute territoriale entre bandes criminelles à l'intérieur du pénitencier», a ajouté la patronne de la police.
«Ce qui s'est passé hier de manière plus violente que d'habitude a commencé vers 19h00 (heure locale), lorsque, suite à une alerte, la police nationale a mis en oeuvre les protocoles pour contenir la violence à l'intérieur du centre pénitentiaire», a-t-elle expliqué.
L'intervention de la police pour tenter de rétablir l'ordre dans la prison a «sauvé des vies», a assuré de son côté Pablo Arosemena, gouverneur de la province de Guayas (dont la capitale est Guayaquil).
Le gouverneur a fustigé «le niveau de sauvagerie» des assaillants «qui ont voulu entrer dans le bloc 2».
Des images diffusées sur les réseaux, dont l'authenticité n'a pas été confirmée de source indépendante, montraient des détenus, en pleine nuit dans une cour de l'intérieur de la prison, s'acharnant à coups de bâtons sur un tas de corps entassés, inanimés et en train de se consumer dans les flammes.
«Nous sommes enfermés dans notre pavillon. Ils veulent nous tuer tous», appelait au secours, dans une autre vidéo, un prisonnier du bloc attaqué. «S'il vous plait partagez cette vidéo. Regardez il y a un drone (dans le ciel). S'il vous plait aidez-nous!», implorait ce détenu, avec en arrière fond sonore des détonations répétées.
Le 28 septembre, 119 personnes sont mortes dans les mêmes circonstances dans cette même prison de Guayas 1, le plus grand massacre de l'histoire carcérale de l'Équateur et l'un des pires en Amérique latine.
Certains détenus avaient été démembrés, décapités, ou brûlés dans de violents affrontements entre gangs liés aux narcotrafics et aux cartels mexicains.
Après la tuerie, aggravation dramatique de la longue crise carcérale que connait le pays, le président équatorien Guillermo Lasso a proclamé «l'état d'exception» dans les 65 prisons équatoriennes, avec notamment le déploiement d'importants renforts militaires.
Ces prisons peuvent accueillir 30 000 personnes mais sont occupées par 39 000 détenus, soit une surpopulation de 30%. Des armes de toutes sortes, de la drogue et des téléphones portables y circulent en grand nombre. Elles sont le théâtre d'une rivalité sanglante entre notamment les redoutables cartels mexicains de Sinaloa et Jalisco Nueva Generacion.
L'Équateur est confronté à une hausse de la criminalité liée au trafic de drogue, avec près de 1900 morts violentes depuis le début de l'année, en particulier à Guayaquil, ville portuaire et centre économique du pays.
Dans l'immense prison en périphérie de la ville, qui abrite 8500 détenus et dont la surpopulation atteint 60% ici selon les chiffres officiels, la violence n'a pas cessé depuis, malgré les multiples annonces et la communication incessante du gouvernement sur ce thème de la lutte contre l'insécurité.
Après les incidents de septembre, 15 autres détenus ont été tués dans différents incidents. Avec nouveau massacre de vendredi soir, les émeutes dans les prisons équatoriennes ont fait plus de 308 morts depuis le début de l'année. En février, 79 détenus sont morts dans des émeutes simultanées dans quatre prisons.
Samedi au petit matin, comme ce fut le cas lors du massacre du 28 septembre, des familles de détenus était rassemblées devant le pénitencier de Guayaquil, tentant de prendre des nouvelles de leurs proches ou criant de désespoir à l'annonce de la mort d'un des leurs.
Équateur: nouveau massacre dans la prison de Guayaquil, 68 morts - TVA Nouvelles
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