En décembre 2020, Michael Flynn a participé à un rassemblement de partisans de Donald Trump, qui protestaient devant la Cour suprême contre les résultats de l'élection présidentielle.
Photo : Reuters / Jonathan Ernst
Le comité ad hoc de la Chambre des représentants qui enquête sur l’assaut du Capitole perpétré le 6 janvier a ajouté, lundi, six personnes, dont le directeur de la campagne Trump 2020 Bill Stepien et l’ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, à la liste des témoins qu'il assigne à comparaître.
Dans un communiqué, le comité stipule qu’ils ont été impliqués dans des activités visant à promouvoir de fausses allégations de fraude électorale ou à renverser les résultats de l'élection de 2020
.
Ces témoins additionnels incluent trois membres de l'équipe électorale de Donald Trump : Bill Stepien, directeur de la campagne présidentielle, Jason Miller, un proche conseiller, ainsi qu'Angela McCallum, directrice générale nationale adjointe de la campagne présidentielle.
Le comité veut aussi entendre le professeur de droit John Eastman, à l'origine d'une stratégie juridique visant à empêcher le Congrès d'officialiser, le 6 janvier, la victoire de Joe Biden, ainsi que l'ancien commissaire de la police de New York Bernard Kerik.
La sixième personne convoquée est Michael Flynn, qui avait entre autres appelé publiquement au déploiement de militaires et à l'imposition de la loi martiale pour forcer la tenue d'un nouveau scrutin.
Dans les jours qui ont précédé l'attentat du 6 janvier, les plus proches alliés et conseillers de l'ancien président ont mené une campagne de désinformation sur l'élection et ont planifié des moyens d'empêcher le décompte des voix du collège électoral
, écrit le président du comité spécial, Bennie Thomson, dans le communiqué.
Le comité spécial doit connaître tous les détails de leurs activités pour renverser l'élection, y compris qui étaient leurs interlocuteurs à la Maison-Blanche et au Congrès, les liens qu'ils avaient avec les rassemblements qui ont dégénéré en émeute et qui a payé pour tout cela.
Les injonctions délivrées par le comité spécial exigent des témoins qu’ils présentent certains documents avant la fin du mois et qu’ils comparaissent au début du mois de décembre.
Le « centre de commande » dans la mire du comité
D'après ce qu'avaient déjà rapporté les médias américains, John Eastman et Bernard Kerik ont tous deux participé aux discussions qui ont eu lieu à l'hôtel Willard InterContinental Washington, un établissement luxueux de la capitale fédérale qui a été décrit comme le centre de commande
où se rencontraient des proches de Donald Trump, comme son avocat personnel Rudy Giuliani et son ancien conseiller Steve Bannon, pour trouver des moyens de bloquer la victoire du candidat démocrate.
Il y aurait par exemple été question de convaincre les républicains d'États clés contestés par le camp Trump, comme la Pennsylvanie, la Georgie et l'Arizona, de nommer d'autres électeurs que ceux remportés par Joe Biden, ou d'amener le vice-président de l'époque Mike Pence à soustraire du comptage des grands électeurs ceux de ces États lors de la session conjointe du Congrès du 6 janvier.
D'après ce qu'ont rapporté divers médias, John Eastman a relayé les scénarios élaborés par le centre de commandement
lors d'une réunion avec Donald Trump et Mike Pence, le 4 janvier.
Les médias avaient par ailleurs également fait état de la participation de Michael Flynn à une réunion de décembre 2020 dans le bureau ovale, au cours de laquelle les participants avaient entre autres évoqué un décret présidentiel visant à confisquer les machines électorales et l'imposition de pouvoirs d'urgence en matière de sécurité nationale.
Congédié à peine trois semaines après son entrée en fonction, Michael Flynn avait été accusé d’avoir menti au FBI lors de l’enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016, avant d'être gracié par Donald Trump en novembre 2020.
Les sommations à comparaître se multiplient
Selon le New York Times, ces nouvelles convocations portent à 25 le nombre d'assignations à comparaître délivrées par le comité. Le comité a notamment enjoint à l'ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon de témoigner, mais celui-ci a défié son assignation à comparaître le mois dernier, invoquant le privilège de l'exécutif mis de l'avant par Donald Trump.
Conséquemment, la Chambre des représentants a adopté une résolution pour qu'une accusation d'outrage au Congrès soit portée contre M. Bannon, une décision qui reviendra ultimement au département de la Justice.
D'après le New York Times, plus de 150 témoins ont jusqu'ici témoigné à huis clos devant le comité, qui a amorcé ses travaux à la fin de juillet avec les témoignages émotifs de policiers visiblement encore ébranlés par l'assaut mené par des centaines de partisans de Donald Trump.
L'ancien président républicain a intenté une action en justice pour empêcher le comité d'enquête de recevoir des archives de la Maison-Blanche entourant les événements du 6 janvier dernier.
Assaut du Capitole : six proches de Trump sommés de témoigner - Radio-Canada.ca
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