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Saturday, October 2, 2021

Manifestations à travers les États-Unis pour défendre le droit à l'avortement - La Presse

(Washington) Des milliers de manifestants ont commencé à descendre dans les rues américaines samedi lors d’une nouvelle édition de la « Marche des femmes » pour défendre le droit à l’avortement, visé par une offensive conservatrice sans précédent aux États-Unis.

Charlotte PLANTIVE et Maria DANILOVA Agence France-Presse

« Les femmes sont des êtres humains à part entière et nous devons être traitées en tant que telles. On devrait pouvoir décider de ce qu’on veut faire de nos propres corps, point à la ligne », lance Laura Bushwitz, 66 ans, enseignante retraitée venue manifester à Washington.

« J’en ai marre qu’on me dise ce que je peux ou ne peux pas faire […] Tu entends ça, la Cour suprême ? », lâche-t-elle.

Peu de manifestations avaient eu lieu jusqu’ici depuis l’entrée en vigueur le 1er septembre d’une loi du Texas, qui interdit quasiment tous les avortements dans ce vaste État et qui a déclenché une véritable guérilla judiciaire et une contre-attaque au Congrès.

PHOTO EVELYN HOCKSTEIN, REUTERS

Manifestation à Austin, au Texas

Mais à deux jours de la reprise des audiences à la Cour suprême des États-Unis, qui sera l’arbitre du combat, près de 200 organisations ont finalement appelé les défenseurs du droit à l’avortement à se faire entendre dans tout le pays.

L’évènement-phare se tient à Washington, où des milliers de personnes étaient rassemblées à la mi-journée pour ensuite défiler jusqu’à la haute cour qui, près de 50 ans après avoir reconnu le droit des Américaines à avorter dans son arrêt historique Roe v. Wade, semble prête à enclencher la marche arrière.

La juridiction, profondément remaniée par l’ex-président Donald Trump, a en effet refusé d’intervenir en urgence pour bloquer la loi texane et pourrait profiter de l’examen d’une loi restrictive du Mississippi pour infléchir sa jurisprudence.

Des rassemblements sont également organisés dans les capitales de ces deux États conservateurs, Austin et Jackson, ainsi que dans plus de 600 villes du pays. Selon les organisatrices, plus de 240 000 personnes sont attendues dans tous les États-Unis.

PHOTO EVELYN HOCKSTEIN, REUTERS

Amy Rigall et son petit-fil Jordan ont participé à la marche organisée à Austin, au Texas.

« Nous nous battons pour que l’avortement ne soit pas simplement légal, mais aussi accessible, abordable et sans stigmatisation », écrivent-elles dans un communiqué, en demandant au Congrès d’inscrire dans la loi fédérale le droit à l’avortement, afin de le protéger d’un éventuel revirement de la Cour suprême.

Une proposition de loi en ce sens a été adoptée il y a une semaine à la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, mais n’a aucune chance d’aboutir au Sénat où les républicains disposent d’une minorité de blocage.

« Désir patriarcal »

En 2017, une première « Marche des Femmes » avait été organisée juste après l’investiture de Donald Trump et avait rassemblé des millions d’opposants au milliardaire républicain accusé de sexisme.

Les éditions suivantes avaient connu moins de succès, en partie à cause de dissensions internes liées à des accusations d’antisémitisme contre une de ses responsables.

Cette page semble tournée : « Cette année, nous sommes unies », assure l’organisation, qui rassemble une large coalition comprenant aussi bien de petites associations féministes, locales ou communautaires, que le géant de la planification familiale Planned Parenthood.

« On va descendre dans les rues pour la première fois de l’ère Biden, parce que le changement dans le bureau Ovale n’a pas mis un terme au désir politisé, pervers et patriarcal de contrôler nos corps », ajoute-t-elle en référence à l’élection du démocrate Joe Biden en 2020 à la Maison-Blanche, qui n’a pas changé la dynamique au niveau des États.

Au contraire, galvanisés par l’entrée au sein de la Cour suprême de trois magistrats choisis par Donald Trump, les élus locaux conservateurs se sont lancés dans une véritable offensive anti-avortement : depuis le 1er janvier, 19 États ont adopté 63 lois restreignant l’accès aux IVG.

Si la Cour devait invalider l’arrêt Roe v. Wade, chaque État serait libre d’interdire ou d’autoriser les avortements. 36 millions de femmes dans 26 États, soit près de la moitié des Américaines en âge de procréer, perdraient probablement le droit d’avorter, selon un rapport de Planned Parenthood publié vendredi.

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