(Rome) Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré dimanche qu’il aurait souhaité que la rencontre du G20 de cette fin de semaine se solde avec un accord plus ambitieux au sujet de la lutte aux changements climatiques, en amont de la Conférence des Nations unies sur le climat (COP26).
Il a cependant jugé que la rencontre a quand même réussi à faire des « progrès significatifs » en reconnaissant que les pays doivent viser à maintenir le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius au-dessus des moyennes préindustrielles et éliminer progressivement l’utilisation du charbon et du méthane.
Dans son communiqué final, le Groupe des 20 s’est engagé à cesser le financement de nouvelles usines de charbon à l’étranger, sans s’attaquer aux productions nationales. L’échéance pour atteindre la carboneutralité, elle, est demeurée à « la moitié du siècle », ce qui, pour certains dirigeants, peut s’étendre jusqu’en 2060.
M. Trudeau a déclaré dimanche que le G20 devait agir avec un sentiment d’« urgence » pour faire face à la menace croissante de la crise climatique. « Les changements climatiques ne peuvent être niés, a-t-il publié sur Twitter, et l’action climatique ne peut être retardée. En travaillant avec nos partenaires, nous devons nous attaquer à cette crise mondiale avec urgence et ambition. »
Commentaires positifs
Le Canada a reçu des commentaires positifs sur ses politiques climatiques de part de la chancelière allemande, Angela Merkel, et de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen. Selon des responsables canadiens, Mme Merkel a déclaré à M. Trudeau qu’il était audacieux d’introduire une taxe carbone en tant que pays producteur de pétrole.
Mme Von Der Leyen a rencontré M. Trudeau pour une discussion en tête-à-tête dimanche matin.
« Je tiens à vous remercier d’être un allié aussi fort et dévoué dans la lutte contre les changements climatiques, lui a-t-elle dit. Je pense que c’est l’enjeu non seulement d’aujourd’hui, mais aussi du siècle, d’une importance maximale. »
Les Nations unies ont réitéré cette semaine leurs avertissements qu’avec les politiques actuelles promises par les parties à l’accord de Paris sur le climat, la Terre se réchauffera quand même de plus de 2,7 degrés Celsius d’ici la fin du siècle.
Absences remarquées
M. Trudeau a affirmé que le fait que les dirigeants du G20 aient pu se rencontrer en personne pour la première fois en 18 mois pour se pencher sur la question était un progrès en soi.
Pourtant, le président chinois Xi Jinping n’était pas à la table des négociations, choisissant d’y envoyer son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi.
La vice-première ministre canadienne, Chrystia Freeland, a mentionné samedi que l’absence de M. Xi n’était pas idéale. « Le G20, bien sûr, est plus efficace lorsque tous les dirigeants du G20 sont à la table, a-t-elle expliqué. Cela dit, je pense que nous devons également reconnaître que la lutte contre la COVID n’est pas encore terminée et que différents pays prendront des décisions différentes concernant les voyages internationaux. »

PHOTO ALESSANDRA TARANTINO, ASSOCIATED PRESS
La vice-première ministre Chrystia Freeland a déclaré que le G20 est plus efficace lorsque tous les dirigeants sont présents, mais a imputé leurs absences à leur réticence à voyager pendant la pandémie de COVID-19.
M. Xi était l’un des cinq dirigeants du G20 à ne pas avoir fait le déplacement. Les dirigeants de la Russie, du Mexique, du Brésil et du Japon ont également envoyé des représentants et n’ont participé eux-mêmes que virtuellement.
Mais l’importance de la Chine dans les négociations du G20 sur la fin de l’énergie provenant du charbon a rendu l’absence de M. Xi potentiellement la plus gênante. Il n’assistera pas non plus au sommet de la COP26, qui a débuté dimanche à Glasgow.
La Chine prévoit toujours de continuer à augmenter ses émissions jusqu’en 2030 et n’accepte pas de devancer son objectif de carboneutralité avant 2060.
Le G20 n’est pas seulement responsable de 80 % de la production économique mondiale, il produit également environ 80 % des émissions de gaz à effet de serre.
G20 | Justin Trudeau souhaitait un accord plus ambitieux - La Presse
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