(Ottawa ) Tous les voyageurs qui arrivent au Canada par avion, à l’exception de ceux en provenance des États-Unis, devront se faire tester à leur arrivée à l’aéroport, qu’ils soient pleinement vaccinés ou non. Ces mêmes voyageurs devront s’isoler en attendant de recevoir leur résultat, a annoncé mardi le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, au moment où l’on signale d’autres cas du variant Omicron au pays.
Joël-Denis BellavanceLa Presse
M. Duclos a indiqué que ces nouvelles mesures entreront en vigueur « au cours des prochains jours », soit le temps qu’il faudra pour mettre sur pied toute la logistique que cela nécessite dans les divers aéroports du pays. Dans certains aéroports, ce sont les provinces qui devront veiller à mettre en œuvre ces nouvelles mesures, a précisé le ministre.
Le gouvernement fédéral s’acquittera de la facture des tests de dépistages qui seront imposés à tous les voyageurs qui arrivent de l’étranger à l’exception ceux venant des États-Unis.
Mais le gouvernement Trudeau compte évaluer, de concert avec les provinces, s’il faut aussi élargir cette nouvelle mesure aux voyageurs en provenance des États-Unis, qu’ils arrivent au Canada par voie terrestre ou aérienne, a fait avoir le ministre.
M. Duclos a aussi confirmé que le gouvernement fédéral ajoute le Nigéria, le Malawi et l’Égypte à la liste des sept pays déjà visés par des mesures frontalières renforcées à la suite de la découverte d’un nouveau variant, l’Omicron, la semaine dernière, en Afrique du Sud.
Ainsi, les ressortissants étrangers qui ont voyagé dans ces trois pays, en plus au cours des 14 derniers jours ne seront plus autorisés à entrer au Canada. Depuis vendredi, les ressortissants étrangers qui ont visité l’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Lesotho, le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique et la Namibie au cours des deux dernières semaines ne peuvent plus rentrer au Canada.
Dans le cas des voyageurs qui sont arrivés au Canada en provenance de ces pays au cours des deux dernières semaines, qu’ils soient canadiens ou étrangers, ils doivent s’isoler et subir un test de COVID-19. Ils sont tenus d’attendre le résultat négatif de ce test avant de sortir de leur période d’isolement.
En ce qui a trait aux Canadiens et aux résidents permanents qui reviennent au Canada, ils doivent se faire tester au moment de leur arrivée à la frontière canadienne et attendre le résultat de leur test afin de démontrer qu’il est négatif. Ils doivent ensuite se soumettre à une quarantaine de deux semaines et se faire tester une nouvelle fois au huitième jour.
Le ministère des Affaires étrangères a émis un avis pour décourager fortement tous les Canadiens de voyager dans cette région du globe. Enfin, les Canadiens qui reviennent au pays après avoir séjourné dans le sud de l’Afrique doivent se faire tester au moment de leur dernière escale avant de rentrer au pays.
(Londres) Le patron du laboratoire pharmaceutique Moderna a affiché mardi son pessimisme sur l’efficacité des vaccins actuels contre le variant Omicron du coronavirus, au moment où de nouvelles restrictions sanitaires se multiplient dans le monde, comme au Royaume-Uni et au Japon.
Agence France-Presse
Face à ce qui ressemble à de la panique, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé mardi au « calme » et demandé aux États membres une réponse « rationnelle » et « proportionnelle » à la propagation du variant.
Comprenant « le souci de tous les pays de protéger leurs citoyens », il s’est aussi dit « préoccupé par le fait que plusieurs États membres prennent des mesures générales et brutales qui ne sont ni fondées sur des preuves ni efficaces en soi, et qui ne feront qu’aggraver les inégalités » entre pays.
Dans un entretien au Financial Times, Stéphane Bancel, le dirigeant de Moderna, a prédit une « baisse significative » de l’efficacité des vaccins actuels face à Omicron et estimé qu’il faudra plusieurs mois pour en élaborer un nouveau. « Tous les scientifiques à qui j’ai parlé […] disent “Cela ne va pas le faire” », assure-t-il.
Divers fabricants, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax se sont néanmoins dits confiants dans leur capacité à créer un nouveau vaccin contre la COVID-19. La Russie a, elle aussi, annoncé travailler sur une version de son Spoutnik V ciblant spécifiquement Omicron.
La pandémie de COVID-19 a fait au moins 5 206 370 morts depuis son apparition fin 2019 en Chine, selon un comptage de l’AFP.
Tour de vis mondial
Signalée initialement en Afrique du Sud la semaine dernière, cette nouvelle souche a été repérée sur tous les continents, du Canada à l’Italie, en passant par le Japon, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal ou encore le Royaume-Uni.
De nombreux États ont suspendu les voyages vers l’Afrique australe, instauré des dispositifs préventifs et, pour les plus riches, exhorté leur population à se faire injecter une dose de rappel.
Au Royaume-Uni, pays parmi les plus endeuillés par la pandémie (près de 145 000 morts), porter un masque dans les transports et les magasins est redevenu obligatoire mardi. Tous les voyageurs y arrivant doivent faire un test PCR et s’isoler jusqu’au résultat.
Depuis ce weekend, Londres n’acceptait déjà plus les non-Britanniques venant de 10 pays africains (Afrique du Sud, Namibie, Lesotho, Eswatini, Zimbabwe, Botswana, Malawi, Mozambique, Zambie et Angola).
L’Europe, confrontée à une nouvelle vague épidémique, semble le continent le plus touché par Omicron.
Les Pays-Bas ont fait état de 14 passagers arrivés d’Afrique du Sud porteurs d’Omicron. Mais le variant était déjà en circulation dans le pays le 19 novembre, soit presque une semaine avant l’annonce sud-africaine sur l’existence du variant, selon les autorités néerlandaises.
La France a signalé son premier cas mardi, sur l’île de la Réunion, et recommande désormais la vaccination aux 5-11 ans présentant un risque de forme grave de la COVID-19. Le régulateur européen avait approuvé le vaccin pour les 5-11 ans il y a quelques jours.
En Allemagne, qui connaît une véritable flambée, la Cour constitutionnelle a jugé justifiées et proportionnelles les mesures de confinement partiel prises par le gouvernement depuis le début de la pandémie, ouvrant la voie à un prochain nouveau durcissement des restrictions. Le futur chancelier Olaf Scholz s’est dit favorable à la vaccination obligatoire.
En Asie, le Japon, trois semaines après avoir assoupli certaines restrictions, interdit depuis mardi « toutes les entrées de ressortissants étrangers ». Le gouvernement a confirmé mardi son premier cas d’Omicron, chez un homme revenu de Namibie.
Israël (un cas confirmé) a également fermé ses portes aux étrangers, depuis dimanche.
Ne pas « paniquer »
Jamais un variant de la COVID-19 n’avait provoqué autant d’inquiétude depuis l’émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.
« Il y a des raisons d’être préoccupés face à ce nouveau variant, mais pas de raison de paniquer », a relativisé le président américain Joe Biden lundi.
Les États-Unis, pays le plus endeuillé au monde par la COVID-19 (près de 780 000 morts), qui s’étaient rouverts au reste du monde début novembre, ont interdit l’entrée aux voyageurs venant de huit pays d’Afrique australe.
L’OMS juge « élevée » la « probabilité qu’Omicron se répande au niveau mondial », même si de nombreuses inconnues demeurent : contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes.
Élément rassurant : à ce jour, aucun décès associé à Omicron n’a été signalé.
Hausse exponentielle
En Afrique du Sud, la majorité des nouvelles contaminations sont déjà liées à Omicron et le gouvernement prédit une hausse exponentielle.
Ces données laissent penser que le variant a un grand potentiel de propagation et rappellent l’urgence d’une vaccination à l’échelle mondiale, seule à même de permettre de contrôler l’épidémie, alors que l’Afrique est très peu vaccinée.
Le variant pourrait peser sur l’économie et l’inflation, a averti le président de la banque centrale américaine Jerome Powell, soulignant des « risques à la baisse pour l’emploi et l’activité économique ».
Mardi, les bourses mondiales et le pétrole reculaient nettement face à l’avancée d’Omicron.
La Chine a de son côté reconnu qu’Omicron compliquerait l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de Pékin (4-20 février 2022), mais a réaffirmé sa confiance dans leur réussite.
Le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé mardi aux États membres une réponse «rationnelle» et «proportionnelle» à Omicron, appelant au «calme» face au nouveau variant du coronavirus qui sème la panique depuis quelques jours.
«La réponse mondiale doit être calme, coordonnée et cohérente», a plaidé Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une séance d'information aux États membres sur Omicron, au siège de l'OMS à Genève.
«Je comprends bien le souci de tous les pays de protéger leurs citoyens contre un variant que nous ne comprenons pas encore parfaitement. Mais je suis tout aussi préoccupé par le fait que plusieurs États membres introduisent des mesures générales et brutales qui ne sont ni fondées sur des preuves ni efficaces en soi, et qui ne feront qu'aggraver les inégalités», a-t-il asséné.
«Nous appelons tous les États membres à prendre des mesures rationnelles et proportionnelles au risque, conformément au Règlement sanitaire international», l'instrument juridique de référence pour l'OMS et ses pays signataires, a-t-il dit.
Le chef de l'OMS a souligné que l'organisation «prend cette évolution très au sérieux» et a appelé les États membres à en faire de même.
Mais il a souligné qu'il ne fallait «pas être surpris» par cette évolution: «C'est ce que font les virus».
«Plus nous laissons la pandémie s'éterniser - en ne remédiant pas aux inégalités en matière d'accès aux vaccins ou en ne mettant pas en oeuvre des mesures sociales et de santé publique de manière adaptée et cohérente - plus nous donnons à ce virus la possibilité de muter d'une manière que nous ne pouvons ni anticiper ni empêcher», a soutenu le Dr Tedros.
Signalée initialement en Afrique australe la semaine dernière, cette nouvelle souche a été détectée sur tous les continents. Cela a poussé de nombreux États à suspendre les voyages vers l'Afrique australe, instaurer des dispositifs préventifs et, pour les mieux lotis en stocks de vaccins, à exhorter leur population à se faire injecter une 3e dose.
M. Tedros a remercié «le Botswana et l'Afrique du Sud d'avoir détecté, séquencé et signalé ce variant aussi rapidement», et s'est dit «profondément préoccupé par le fait que ces pays sont maintenant pénalisés par d'autres pour avoir fait ce qu'il fallait».
La «rapidité» avec laquelle le gouvernement fédéral a agi pour imposer de nouvelles règles aux étrangers afin de limiter l’entrée du variant Omicron a été saluée autant à Québec qu’à Ottawa lundi matin.
En point de presse au sujet du nouveau variant préoccupant de la COVID-19, le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, s’est réjoui que le gouvernement fédéral ait été «excessivement réactif [...] depuis quelques jours».
«Le gouvernement fédéral a très rapidement resserré les mesures pour les voyageurs, d’ailleurs c’est pour ça qu’aujourd’hui on est capables d’avoir l’information qu’on vous a donnée sur les 115 voyageurs» qui sont revenus des pays du sud de l’Afrique, a-t-il poursuivi.
Au Bloc québécois, le ton était sensiblement le même.
«On est satisfaits de la vitesse à laquelle le gouvernement a agi», a déclaré Kristina Michaud, en marge d’un point de presse sur les armes à feu.
«Vendredi matin, on demandait à ce que le gouvernement agisse rapidement et ferme les frontières pour les gens qui revenaient d’Afrique du Sud ou des pays qui étaient près de l’Afrique du Sud. Ça a été fait assez rapidement», a-t-elle souligné.
Ottawa a imposé vendredi cinq mesures pour limiter l’entrée du variant au pays, alors que peu de choses étaient encore connues du variant Omicron et qu’un seul cas en Europe avait été détecté.
Soulignons que les frontières n’ont pas été fermées aux pays du sud de l’Afrique en tant que tel, le gouvernement fédéral ayant opté pour l’interdiction d’entrée aux étrangers ayant transigé par les six pays en question et le retour d’une quarantaine temporaire pour les citoyens qui y sont passés.
Les ministres fédéraux de la Santé et des Transports, Jean-Yves Duclos et Omar Alghabra, avaient reporté de deux heures leur point de presse matinal prévu à 11 h pour décider d’un plan d’action d’urgence.
Comme l’a remarqué la députée d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, la «rapidité» représente un changement dans l’approche du gouvernement.
Au début de la pandémie, le gouvernement Trudeau avait été fortement critiqué pour avoir tardé avant d’imposer des restrictions aux frontières.
La même chose s’était produite plus tôt cette année, alors qu’Ottawa avait attendu plusieurs jours avant de limiter les vols en provenance de l’Inde, où le variant Delta a été détecté pour la première fois.
Mme Michaud n’a pas réclamé le retour immédiat des tests de dépistage contre la COVID-19 pour tout le monde revenant à la frontière, mais estime qu’il faut néanmoins «resserrer les frontières».
Ghislaine Maxwell aurait aidé le prétendu prédateur sexuel Jeffrey Epstein à piéger des adolescentes.
Photo : Getty Images / Patrick McMullan
NEW YORK – Dimanche matin, de nombreux marcheurs déambulaient avec indifférence devant l’ancien manoir de 40 pièces de Jeffrey Epstein, situé à un jet de pierre de Central Park, à Manhattan. Mais si sa demeure est tombée dans l’oubli, son nom et celui de son ex-partenaire Ghislaine Maxwell continuent de faire frémir dans le quartier.
Ce sont de mauvaises personnes. Les deux ont longtemps réussi à s’en sortir. Mais elle devra payer, affirme sans ambages Greg Woyshner, qui a suivi de près tous les rebondissements et les ramifications de l’affaire. De la cruauté pure, estime pour sa part Mimi Coffey, qui croit que justice sera rendue.
Une riche héritière britannique
Rien ne laissait présager la chute brutale vécue par Ghislaine Maxwell. Elle est le pur produit de la haute société britannique, fille adorée d’un magnat de la presse, Robert Maxwell, reconnu comme un mégalomane cruel et violent, mort dans des circonstances nébuleuses en 1991 alors que son empire s’effondrait.
À 59 ans, Ghislaine Maxwell n’a rien du parcours qu’on imagine d’une délinquante sexuelle. Diplômée d’Oxford, mondaine et sophistiquée, elle avait un carnet d’adresses qui incluait les Clinton et des membres de la famille royale. Pourtant, depuis le 2 juillet 2020, elle croupit dans une prison de Brooklyn, en attente d’un procès pour six chefs d’accusation de crimes sexuels concernant quatre victimes adolescentes.
Elle aurait formé un duo infernal avec le richissime financier new-yorkais Jeffrey Epstein, qui avait été accusé de trafic sexuel un mois avant sa mort, pour l’aider à piéger des adolescentes dans des parcs et devant des écoles, notamment.
L’arrestation de ces personnes riches et puissantes est charnière dans le mouvement de dénonciations #MoiAussi.
Ghislaine Maxwell avait rencontré Jeffrey Epstein dans les années 1990.
Photo : Getty Images / Patrick McMullan
Les accusations
Entre 1994 et 2004, Ghislaine Maxwell aurait recruté, leurré et abusé de filles aussi jeunes que 14 ans pour permettre à Jeffrey Epstein de les agresser sexuellement, peut-on lire dans l’acte d’accusation américain. Elle aurait encouragé les victimes à voyager d’un État à l’autre pour se rendre dans les résidences luxueuses de l’homme d’affaires, en sachant qu’elles se feraient agresser.
Que ce soit dans son manoir de l’Upper East Side, son domaine de Palm Beach ou son ranch de Santa Fe, des filles souvent vulnérables et issues de quartiers défavorisés auraient été emmenées sous prétexte de masser l’homme d’affaires en échange de quelques centaines de dollars.
Ghislaine Maxwell gagnait leur confiance, selon la poursuite, en posant des questions aux victimes sur leur vie, l’école et la famille. Elle les emmenait magasiner et au cinéma. Elle se déshabillait devant elles, parlait de sexualité, comme pour normaliser les agressions sexuelles. Elle aurait assisté à des agressions sexuelles pour que les victimes se sentent plus à l’aise parce qu’une femme adulte était présente.
Ghislaine Maxwell aurait de plus elle-même participé aux agressions sexuelles de certaines mineures.
Le stratagème était à ce point bien ficelé que des adolescentes ont raconté dans les dernières années avoir été encouragées à recruter leurs amies en échange d’argent.
Ouverture du procès de Ghislaine Maxwell à New York
Photo : Reuters / Jane Rosenberg
Les secrets d’Epstein
Même si la mort de Jeffrey Epstein dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center le 10 août 2019 est officiellement classée comme un suicide par pendaison, des adeptes de théories du complot ne peuvent s’empêcher de spéculer. C’est que la mort de l’homme d’affaires, qu’on soupçonnait d’être un as du chantage, lui impose de garder le silence à jamais.
Le financier, qui a commencé sa carrière en tant qu’enseignant de mathématiques, a mystérieusement accumulé une fortune estimée à 500 millions de dollars à sa mort, à 66 ans. Le fondateur de l’empire commercial qui inclut Victoria’s Secrets, Leslie Wexner, affirme par exemple qu’il lui aurait dérobé plus de 46 millions de dollars.
Jeffrey Epstein fréquentait le gratin, ayant été proche de Bill Clinton, Donald Trump, Harvey Weinstein et du duc d'York, notamment. Le prince Andrew est d’ailleurs sur la sellette, ayant dû se défendre après qu’une femme eut affirmé avoir été violée par lui à 17 ans, victime du trafic sexuel de Jeffrey Epstein il y a une vingtaine d’années.
L’étoile de Jeffrey Epstein avait cependant quelque peu pâli en 2008, après une vaste enquête policière ayant révélé l’existence d’une quarantaine de présumées victimes mineures. Le puissant homme s’en était sorti avec une entente secrète. Plaidant coupable à des accusations réduites, il avait écopé d’une peine légère de 18 mois d’emprisonnement qu’il a surtout purgée chez lui.
Le prince Andrew et Virginia Giuffre chez Ghislaine Maxwell en 2001
Photo : Virginia Roberts Giuffre
Plus d’une décennie plus tard, la controverse a forcé le secrétaire du Travail américain Alexander Acosta à démissionner de l’administration Trump en raison de sa gestion de l’affaire lorsqu’il était procureur fédéral en Floride.
Le mystère Ghislaine Maxwell
Devant la discrète Ghislaine Maxwell, magnifique avec ses yeux pétillants et son sourire énigmatique, les questions se multiplient et demeurent sans réponse. Le procès permettrait d’en apprendre davantage sur ses possibles motivations.
Ce qui est certain, c’est que sa rencontre dans les années 1990 avec l’un des hommes les plus riches de Manhattan lui a permis de conserver la vie d’opulence à laquelle elle avait été habituée jusqu’à la mort de son père.
Le flou persiste quant à la nature exacte de sa relation avec Jeffrey Epstein. Ils auraient été dans une relation intime en plus d’être des partenaires d’affaires, puisqu’elle aurait été payée pour gérer ses propriétés, selon la poursuite.
Depuis son arrestation dans une luxueuse villa de Bradford, dans le New Hampshire, le 2 juillet 2020, Ghislaine Maxwell multiplie en vain les requêtes afin d’être libérée en échange d’une caution de près de 30 millions de dollars.
La dernière offensive de sa famille a été d'interpeller des experts de l’Organisation des Nations unies en dénonçant les traitements indignes et dégradants qu’elle subirait derrière les barreaux depuis 17 mois : cellule insalubre, nourriture avariée, agents correctionnels voyeurs. Malgré de nombreux arguments, ses demandes de libération ont toutes été rejetées, étant donné le risque de fuite de la femme, qui compte trois nationalités.
La Britannique nie avoir participé à quelque stratagème que ce soit pour permettre à Jeffrey Epstein d’agresser sexuellement des adolescentes.
Ghislaine Maxwell comparaissait par vidéoconférence lors de son audience d'accusation au tribunal fédéral de Manhattan, à New York.
Photo : Reuters / JANE ROSENBERG
Ce sera très difficile, je crois, mais elle va essayer de dire que c’était entièrement la faute à Epstein, estime le criminaliste new-yorkais Matthew J. Galluzzo, qui explique que Ghislaine Maxwell se plaint d’être sacrifiée dans un procès qui vise en fait à punir Jeffrey Epstein.
Selon l’avocat, le procès sera suivi de très près sur le plan international en raison des personnalités connues qui pourraient être mentionnées dans les témoignages des plaignantes. Maxwell avait des amis très puissants, très connus. C’est très possible qu’on ait de l’information au sujet de Bill Clinton, du prince Andrew et des autres amis d’Epstein.
Ghislaine Maxwell a l’intention de faire témoigner la psychologue américaine Elizabeth Loftus au sujet des faux souvenirs d’agressions sexuelles qu’une personne peut raconter sans mentir volontairement. L’experte avait aussi témoigné l’an dernier lors du procès de l’ex-producteur Harvey Weinstein, un prédateur sexuel condamné à 23 ans de prison.
Les femmes qui agressent sexuellement
Il y aurait 2 % des agressions sexuelles rapportées à la police qui sont commises par des femmes.
Malgré cela, le profil de Ghislaine Maxwell est atypique, selon la psychologue spécialisée dans le domaine de la délinquance sexuelle et professeure à l’école de criminologie de l’Université de Montréal, Franca Cortoni.
Une femme mondaine, très à l’aise financièrement. Une vie de luxe. Pour moi, c’est un peu surprenant parce qu’on ne voit pas ça beaucoup. Mais peut-être qu’on ne le voit pas beaucoup parce qu’elles ne sont pas rapportées, avance Mme Cortoni.
La professeure affirme qu’environ les deux tiers des femmes qui commettent une agression avec un complice le font de leur plein gré, malgré deux mythes tenaces.
Soit elle a été forcée par un homme ou elle a des troubles de santé mentale importants qui font qu’elle n’est pas vraiment responsable du point de vue criminel de ses comportements. Ce sont deux mythes que nous savons maintenant qu’ils ne tiennent pas la route, explique-t-elle.
Israël va interdire à partir de dimanche soir l'entrée des ressortissants étrangers sur son territoire dans l'espoir de ralentir la propagation du nouveau variant du coronavirus Omicron, dont un cas a été confirmé au pays, ont annoncé les autorités.
«L'entrée des ressortissants étrangers en Israël est interdite sauf pour des cas approuvés par un comité spécial», a annoncé le bureau du premier ministre dans un communiqué, précisant que la mesure entrait en vigueur dimanche soir.
Les citoyens israéliens vaccinés devront présenter un test PCR et se mettre en quarantaine pendant trois jours, une mesure étendue à sept jours pour les non-vaccinés, a précisé le communiqué.
Ces décisions ont été prises à l'issue d'une réunion du cabinet responsable de la lutte contre le coronavirus, et elles viennent mettre un cran d'arrêt à la réouverture des frontières, le 1er novembre, aux touristes étrangers vaccinés.
L'annonce de ces mesures, qui doivent encore être approuvées par le gouvernement en matinée, intervient à quelques heures du début de la fête juive de Hanoukka, la «fête des Lumières», qui s'étend sur huit jours et au cours de laquelle ont lieu plusieurs rassemblements et festivités.
Les règles sur les rassemblements ne seront pas changées, mis à part l'obligation de présenter un passe sanitaire pour les événements réunissant 50 personnes au lieu de 100, ont précisé les autorités.
Vendredi, le premier ministre Naftali Bennett avait annoncé une série de mesures afin d'identifier les personnes potentiellement contaminées et de limiter les voyages entre Israël et sur le continent africain, après la détection au pays d'un cas du variant Omicron chez un voyageur revenant du Malawi.
«Nous sommes proches d'une situation d'urgence [...]. Nous ne prendrons aucun risque», a affirmé M. Bennett, suggérant l'adoption de nouvelles mesures «fortes et rapides» de la part de son gouvernement.
L'État hébreu avait été l'un des premiers pays à lancer, en décembre 2020, une vaste campagne de vaccination qui avait permis la double vaccination de plus de 5,77 millions sur les quelque neuf millions d'Israéliens, soit plus de 80% des adultes, et l'administration d'une dose de rappel à quatre millions de personnes.
Avec l’émergence de nouveaux variants de la COVID comme l’Omicron, qualifié de préoccupant, il est utile de se rappeler que l’un des meilleurs moyens de prévenir leur apparition demeure le vaccin.
Aux États-Unis, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) rappellent que le vaccin, en freinant la propagation du virus, constitue en effet l’un des meilleurs moyens de ralentir l’émergence de ces nouveaux variants, qui suscitent chaque fois plus d’inquiétude.
Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner, selon cette principale agence fédérale américaine de santé publique, de l’apparition de tels dérivés, car les virus sont par définition en constante mutation.
Préoccupant
Un variant devient préoccupant, indique Santé Canada, lorsqu’il génère une incidence sur la santé publique. Il peut donc se propager plus facilement, causer une forme grave de la maladie, nécessiter des traitements différents et réduire l’efficacité des vaccins, qui devraient être ajustés pour mieux y répondre.
Dans le cas de l’Omicron, il vient tout juste d’être signalé pour la première fois en Afrique du Sud. Inquiet, le gouvernement fédéral n’a pas tardé, vendredi, à interdire l’entrée au pays de voyageurs provenant de cette région du globe.
Les experts continueront de surveiller les cas et pourront déterminer bientôt avec plus de précisions les caractéristiques de l’Omicron et la réponse des vaccins dans leur forme actuelle.
Vaccination des enfants
Il est d’autant plus pertinent d’être conscient de tous ces faits alors que plusieurs parents hésitent encore à faire immuniser leurs enfants. Le vaccin est autorisé au Canada et disponible depuis cette semaine, au Québec, pour les enfants de 5 à 11 ans.
À quelques semaines du temps des Fêtes et des rassemblements qui viennent avec, tous doivent être conscients à quel point chaque effort de vaccination compte.
Plus il y aura d’adultes et d’enfants vaccinés au Québec, au Canada et partout dans le monde, et moins le virus viendra encore une fois nous pourrir la vie.
(Bruxelles) Les talibans ont demandé l’aide de l’Union européenne pour garantir le fonctionnement des aéroports afghans lors de discussions ce week-end à Doha, où ils se sont engagés à permettre le départ de ceux qui le souhaitent, a annoncé l’UE dimanche.
Agence France-Presse
« La délégation afghane a confirmé son engagement à garantir et à faciliter le passage en toute sécurité des ressortissants étrangers et des Afghans qui souhaitent quitter le pays », a déclaré dans un communiqué le service diplomatique de l’UE (SEAE).
« À cet égard, les deux parties ont souligné l’importance fondamentale de maintenir les aéroports afghans ouverts et la délégation afghane a demandé une aide pour maintenir les opérations des aéroports », ajoute la diplomatie européenne.
Les talibans se sont également engagés à respecter leur promesse d’« amnistie générale » pour les Afghans qui ont travaillé contre eux pendant les deux décennies de domination occidentale, jusqu’au retrait précipité des États-Unis en août, selon ce document.
Par ailleurs « les deux parties se sont déclarées gravement préoccupées par la détérioration de la situation humanitaire en Afghanistan à l’approche de l’hiver », indique le communiqué, qui précise que l’UE continuera à fournir une aide humanitaire.
L’UE a notamment exhorté les talibans à mettre en place un « gouvernement inclusif », à encourager la démocratie et à garantir l’égalité d’accès des filles à la scolarité.
Elle a également suggéré que si les talibans remplissaient les conditions de l’UE, des financements supplémentaires pourraient être débloqués, mais uniquement « au bénéfice direct du peuple afghan ».
Les talibans ont réaffirmé qu’ils feraient respecter les droits de l’homme « conformément aux principes islamiques » et qu’ils accueilleraient le retour des missions diplomatiques qui avaient été fermées, selon la déclaration.
L’UE précise dans le communiqué que « le dialogue n’implique pas la reconnaissance par l’UE du gouvernement intérimaire [taliban], mais fait partie de l’engagement opérationnel de l’UE, dans l’intérêt de l’UE et du peuple afghan ».
Ces discussions précédaient deux semaines de négociations entre les États-Unis et les talibans, prévues à partir de lundi dans la capitale qatarie également.
La délégation talibane était dirigée par le ministre intérimaire des affaires étrangères Amir Khan Mutaqqi et la délégation de l’UE par l’envoyé spécial pour l’Afghanistan Tomas Niklasson.
(Ottawa) Le Canada et l’Inde préparent tranquillement le terrain pour relancer les pourparlers officiels de libre-échange alors que le gouvernement Trudeau cherche des partenaires économiques autres que la Chine à la suite du différend sur l’affaire impliquant Meng Wanzhou et les deux Michael.
Mike BlanchfieldLa Presse Canadienne
Les négociateurs commerciaux des deux pays ont tenu quatre « réunions consultatives » au cours de la dernière année par vidéo, et au cours de la plus récente, en octobre, les deux parties ont échangé des propositions préliminaires, a déclaré Anshuman Gaur, le haut-commissaire adjoint de l’Inde au Canada.
« Ils ont parlé des approches et de la voie à suivre », a-t-il déclaré dans une entrevue au cours des derniers jours.
L’engagement renouvelé est le résultat de la nouvelle politique commerciale dynamique de l’Inde, surnommée « récolte précoce », qui a vu le pays tenter d’avancer progressivement vers des accords de libre-échange à grande échelle avec la Grande-Bretagne, l’Union européenne, l’Australie, les Émirats arabes unis et maintenant le Canada.
Cela survient également alors que le gouvernement fédéral sort de son gel diplomatique de trois ans avec la Chine après le retour de Michael Spavor et Michael Kovrig au Canada. Ils ont passé plus de 1000 jours dans des prisons chinoises dans ce qui est largement considéré comme des représailles pour l’arrestation par la GRC de Meng Wanzhou, une dirigeante de Huawei, à la suite d’une demande d’extradition américaine en 2018.
Le Canada cherche à réduire sa dépendance économique à l’égard de la Chine et à se diversifier sur de nouveaux marchés asiatiques. Il a récemment lancé des négociations commerciales formelles avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est – connue sous le nom de ANASE – un bloc de 10 pays qui comprend les Philippines, l’Indonésie et la Thaïlande.
Le discours du Trône du 23 novembre du gouvernement libéral a reconnu cette priorité en déclarant : « Un monde en évolution exige une adaptation et une expansion de l’engagement diplomatique. Le Canada continuera de travailler avec des alliés et partenaires clés, tout en faisant des efforts délibérés pour approfondir les partenariats dans l’Indo-Pacifique et à travers l’Arctique. »
La ministre du Commerce international, Mary Ng, a discuté de l’accord possible avec son homologue indien, Piyush Goyal, l’été dernier à Rome lors d’une réunion du G20.
PHOTO PATRICK DOYLE, LA PRESSE CANADIENNE
La ministre du Commerce international, Mary Ng
L’Inde et le Canada, absolument, je pense qu’ils ont des opportunités d’approfondir nos relations commerciales et d’échanges.
Mary Ng, ministre du Commerce international
Le Canada a entamé des négociations commerciales avec l’Inde il y a plus d’une décennie sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Le processus a à nouveau été suspendu en 2018, alors que le Canada était au milieu de sa renégociation intense de l’accord de libre-échange nord-américain avec les États-Unis et le Mexique à l’initiative de l’ancien président américain Donald Trump.
Le premier ministre Justin Trudeau a effectué une visite controversée en Inde en février 2018, où lui et sa famille ont été vivement critiqués dans leur pays pour s’être habillés avec des vêtements indiens traditionnels.
M. Gaur rejette toute idée que M. Trudeau aurait offensé son pays, affirmant qu’il comprenait la nécessité du Canada de se concentrer sur les États-Unis et le Mexique.
Rien de tout cela, a-t-il dit, ne diminue l’intérêt de l’Inde à faire des affaires avec le Canada dans le but d’augmenter les 12,8 milliards d’échanges commerciaux annuels entre les deux pays.
Cela a fait du Canada l’un des pays prioritaires de la stratégie commerciale de « récolte précoce » de l’Inde, qui constitue un véritable tremplin pour accélérer les progrès vers des accords de libre-échange plus larges. Il s’agit de poursuivre des progrès partiels dans la réduction des tarifs sur certains biens et services tout en laissant des questions plus difficiles en suspens pour des accords de libre-échange ultérieurs plus complets.
« Nous essayons de formaliser un accord sur les domaines où les différences sont les moins importantes et nous continuons à discuter de certains des domaines sur lesquels il y a le plus de divergences », a déclaré M. Gaur.
La poursuite d’accords commerciaux par l’Inde intervient alors que de nombreux pays, y compris le Canada, réexaminent leur position face à la Chine dans la foulée des préoccupations croissantes concernant les droits de la personne.
(La Haye) Le nouveau variant du coronavirus, Omicron, continuait dimanche à se propager dans le monde entier, notamment aux Pays-Bas où 13 cas ont été détectés, semant l’inquiétude et poussant Israël à fermer ses frontières aux ressortissants étrangers.
Agence France-Presse
Alors que la pandémie a déjà fauché plus de cinq millions de vies dans le monde depuis fin 2019, l’arrivée durant la semaine écoulée du variant Omicron a été jugé « préoccupante » vendredi par l’Organisation mondiale de la santé.
Identifié en Afrique du Sud, il a poussé de nombreux pays à fermer leurs frontières à l’Afrique australe alors qu’ils venaient parfois à peine de se rouvrir au monde.
Aux Pays-Bas, les autorités sanitaires ont annoncé dimanche que 13 passagers partis d’Afrique du Sud et diagnostiqués positifs à la COVID-19 vendredi à leur arrivée à Amsterdam étaient porteurs du variant. Au total 61 personnes avaient été déclarées positives au virus.
PHOTO PETER DEJONG, ASSOCIATED PRESS
Les autorités néerlandaises ont placé 61 personnes atteintes de la COVID-19 en quarantaine dans un hôtel de Badhoevedorp, près de l’aéroport Schiphol d’Amsterdam.
Israël, où un cas a été confirmé chez un voyageur revenant du Malawi, va interdire à partir de dimanche soir l’entrée des étrangers sur son territoire et imposer à ses ressortissants vaccinés un test PCR et trois jours de quarantaine (sept pour les non-vaccinés). Le pays venait à peine de rouvrir ses frontières le 1er novembre et s’apprête à célébrer huit jours durant la fête juive de Hanouka.
Au Danemark, deux cas de contaminations par le nouveau variant ont été détectés chez des passagers arrivant d’Afrique du Sud, selon les autorités sanitaires dimanche.
En Australie, les autorités ont détecté le variant Omicron chez deux passagers vaccinés venus d’Afrique australe et arrivés la veille à Sydney via Doha, le jour même ou l’Australie fermait ses frontières à neuf pays d’Afrique australe. Douze autres passagers du même vol sont en quarantaine.
L’Australie a récemment levé l’interdiction pour ses ressortissants vaccinés de voyager à l’étranger sans autorisation et doit ouvrir d’ici la fin de l’année aux travailleurs qualifiés et étudiants internationaux ses frontières fermées depuis plus de 18 mois.
Outre Israël et l’Australie, le variant Omnicron est présent en Afrique du Sud, au Botswana, à Hong Kong et dans plusieurs pays d’Europe (Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et République tchèque).
En quarantaine
En France, la détection du variant Omicron est « très probablement une question d’heures », a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran.
Le nouveau variant B.1.1529 représente un risque « élevé à très élevé » pour l’Europe, selon l’agence de santé de l’Union européenne.
Avant même son apparition, l’Europe affrontait une flambée épidémique liée au variant Delta, avec le rétablissement de restrictions sanitaires pas toujours bien acceptées comme aux Pays-Bas, dans les Antilles françaises ou en Suisse qui a néanmoins largement validé dimanche un passeport COVID-19.
En Autriche, des dizaines de milliers de personnes ont défilé ce week-end contre l’obligation vaccinale.
Selon le groupe d’experts de l’OMS, les données préliminaires suggèrent que le variant Omicron présente « un risque accru de réinfection » par rapport aux autres variants dont le Delta, dominant et déjà très contagieux. Jamais un variant n’avait provoqué autant d’inquiétude dans le monde depuis l’émergence de Delta.
Sur tous les continents, notamment en Europe, nombreux sont les États qui se ferment à des pays d’Afrique australe dont l’Afrique du Sud, le Botswana, le Zimbabwe, la Namibie, le Lesotho, l’Eswatini, le Mozambique, mais aussi la Zambie, le Malawi ou l’Angola selon les cas. Ils durcissent aussi les règles d’entrée pour tous les voyageurs.
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De nombreux vols en partance de Johannesburg, en Afrique du Sud, ont été annulés en raison du variant Omicron.
Dimanche, l’Angola, lui-même placé sur liste rouge par le Royaume-Uni, est devenu le premier pays d’Afrique australe à suspendre ses vols dans la zone.
Les Philippines ont pour leur part annoncé la suspension des vols en provenance de pays où le variant a été détecté.
Au Royaume-Uni, de nouvelles restrictions entreront en vigueur mardi, avec notamment le retour du port du masque et un durcissement des mesures d’entrée sur le territoire.
L’Arabie saoudite a allongé la liste des pays avec lesquels elle suspend ses liaisons, les portant à 14. Le Koweït et le Qatar - importante plate-forme aérienne - ont aussi annoncé des restrictions respectivement envers neuf et cinq pays africains.
« Transparence »
Aux États-Unis, qui venaient tout juste de se rouvrir au monde entier début novembre, les frontières seront fermées à partir de lundi aux voyageurs venant de huit pays d’Afrique australe.
Après un commentaire amer de l’Afrique du Sud s’estimant « punie » pour avoir détecté le variant Omicron, Washington a félicité samedi soir ce pays pour sa « transparence dans le partage de ces informations qui devrait servir de modèle pour le monde ». Une allusion à peine voilée aux accusations américaines envers Pékin dans la gestion initiale du coronavirus.
Du côté des fabricants de vaccins, AstraZeneca comme Pfizer/BioNTech, Moderna et Novavax se sont déclarés en confiance dans leur capacité à combattre la souche Omicron.
Il faudra « plusieurs semaines » pour comprendre le niveau de transmissibilité et de virulence du nouveau variant, a souligné vendredi le porte-parole de l’OMS.
Près de 54 % de la population mondiale a reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, mais seulement 5,6 % dans les pays à faible revenu, selon le site Our World in Data. En Afrique du Sud, pays le plus touché du continent, seuls 23,8 % des habitants sont complètement vaccinés.
Le nouveau variant suscite aussi des craintes pour la reprise économique mondiale après une journée noire vendredi pour les cours du pétrole et les indices boursiers.
L’inquiétant variant Omicron continue de se propager dans le monde, entraînant restrictions et fermetures de frontières. Tandis qu’un voyageur arrivé à Hong Kong en provenance du Canada a été déclaré positif à ce variant, certains experts en appellent à une couverture vaccinale plus équitable avec les pays moins nantis.
Lila DussaultLa Presse
À Hong Kong, un voyageur venu d’Afrique du Sud a été déclaré positif au variant B.1.1.529, nommé Omicron, a rapporté l’agence Reuters vendredi. Un autre voyageur, arrivé, lui, du Canada, a aussi été déclaré positif alors qu’il était en quarantaine dans une chambre d’hôtel située en face de celle du voyageur sud-africain. L’utilisation par ce dernier d’un masque muni d’une valve qui ne filtrait pas l’air expiré pourrait avoir été à l’origine de la transmission du virus à l’occupant de la chambre d’en face, selon un porte-parole des autorités sanitaires hongkongaises.
« Affaires mondiales Canada assure un suivi suite aux reportages dans les médias [au sujet] d’un citoyen canadien en quarantaine à Hong Kong », a indiqué Christelle Chartrand, porte-parole d’Affaires mondiales Canada, dans un courriel envoyé à La Presse. « En raison des dispositions de la Loi sur la protection des renseignements personnels, aucune autre information ne peut être divulguée », a-t-elle précisé.
Rappelons que l’apparition du variant Omicron, jugé « préoccupant » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lui a été rapportée le 24 novembre par l’Afrique du Sud. La première détection du variant dans ce pays remontait au 9 novembre. Elle coïncide avec une augmentation importante du nombre de nouveaux cas de COVID-19 en Afrique du Sud depuis deux semaines.
Ce variant présente « une multitude de modifications » génétiques, dit le virologue Benoit Barbeau, de l’Université du Québec à Montréal. « On pense qu’il y en a une cinquantaine, et 32 spécifiquement sur la protéine de spicule », précise-t-il. Ces variations pourraient le rendre plus transmissible, mais aussi plus résistant aux anticorps, explique le spécialiste.
Il a tous les indicateurs possibles pour risquer d’échapper à la réponse immunitaire chez les personnes vaccinées.
Benoit Barbeau, virologue
« Omicron combine 32 mutations : c’est le double de ce qu’on a eu jusqu’à présent dans tous les autres variants », s’inquiète aussi Amir Khadir, microbiologiste et infectiologue à l’hôpital Pierre-Le Gardeur.
Transmission et restrictions
Après la Belgique, le Royaume-Uni, l’Allemagne, Israël, Hong Kong et l’Italie, la République tchèque a annoncé samedi un premier cas du variant Omicron chez une voyageuse de retour de la Namibie, selon l’Agence France-Presse.
Du côté des Pays-Bas, une soixantaine de passagers en provenance de Johannesburg et du Cap, en Afrique du Sud, étaient en quarantaine samedi. « Le variant Omicron a probablement été trouvé parmi les personnes testées », a indiqué l’Institut national de santé publique du pays. Les résultats définitifs devraient être connus ce dimanche.
Israël est devenu samedi le premier pays à annoncer la fermeture complète de ses frontières aux voyageurs étrangers pour une période de deux semaines, dans l’espoir de prévenir la propagation du nouveau variant, a rapporté l’agence Reuters. Les ressortissants israéliens devront aussi se mettre en quarantaine à leur retour au pays et le dépistage sera intensifié.
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Aéroport international Ben Gourion, en Israël
Depuis vendredi, le Canada a interdit l’entrée au pays des voyageurs en provenance d’Afrique australe. Les pays visés sont l’Afrique du Sud, le Mozambique, le Botswana, le Zimbabwe, le Lesotho, l’Eswatini (Swaziland) et la Namibie.
Un grand nombre de pays, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, ont aussi annoncé des restrictions à leurs frontières pour les voyageurs en provenance de certains pays d’Afrique, ainsi qu’un durcissement des règles de quarantaine et de dépistage.
L’Afrique du Sud « punie »
L’Afrique du Sud est « punie » pour avoir détecté le variant Omicron, s’est insurgé samedi le gouvernement de Pretoria, selon l’Agence France-Presse. Le pays a dénoncé un phénomène de « panique » et des mesures « draconiennes » injustifiées. En réponse, les États-Unis ont félicité l’Afrique du Sud pour sa « transparence » avec le reste du monde dès la découverte du variant Omicron.
L’industrie touristique, vitale en Afrique du Sud, est largement affectée par les restrictions de voyage. « Ç’a été un gros coup pour nous, déplore Craig Spencer, fondateur et directeur de l’organisme antibraconnage Transfrontier Africa. On a eu une équipe médiatique qui s’est esquivée à la dernière minute et DER Touristik, une grosse agence de voyages, qui a annulé. D’autres aussi », a-t-il expliqué à La Presse.
PHOTO PHILL MAGAKOE, AGENCE FRANCE-PRESSE
Des voyageurs font la queue à un comptoir d’enregistrement à l’aéroport international OR Tambo de Johannesburg.
L’aéroport de Johannesburg, en Afrique du Sud, a été pris d’assaut vendredi et samedi par des voyageurs souhaitant attraper un vol de retour.
Une couverture vaccinale inéquitable
Le variant Omicron a émergé dans un quartier densément peuplé où la couverture vaccinale était plus faible que dans le reste de l’Afrique du Sud, explique Amir Khadir. « Les endroits les moins vaccinés sont des incubateurs [pour les variants] », rappelle le microbiologiste.
L’Afrique est le continent le moins vacciné. Les taux de vaccination dans les pays visés par l’interdiction d’entrée du Canada sont très faibles : 24,4 % en Afrique du Sud, 11,4 % au Mozambique, 20,4 % au Botswana, 19 % au Zimbabwe, 26,9 % au Lesotho, 11,8 % en Namibie.
Ce qu’on vit, c’est une illustration, s’il en fallait encore une, que si on ne règle pas l’épidémie partout, on ne la règle nulle part.
Amir Khadir, microbiologiste
Selon lui, les brevets accordés aux sociétés pharmaceutiques qui ont mis au point les vaccins devraient être retirés afin d’assurer une couverture vaccinale planétaire. « Ces brevets ont été financés par le domaine public à l’échelle internationale. Il n’y a aucune raison que le domaine pharmaceutique accapare ces brevets. L’état d’urgence ne s’applique-t-il pas aux profits des compagnies ? »
Le virologue Benoit Barbeau insiste aussi sur l’importance de la vaccination partout dans le monde. « On parle d’une troisième dose pour tous au Canada, mais on devrait plutôt s’assurer qu’ailleurs, les gens soient bien vaccinés », estime le professeur.
Près de 54 % de la population mondiale a reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, mais seulement 5,6 % dans les pays à faible revenu, selon le site Our World in Data.
Le président des États-Unis, Joe Biden, a fait écho samedi aux appels réitérés de l’OMS à aider les pays pauvres à vacciner leur population pour éviter l’émergence de nouveaux variants.
Depuis la fin de 2019, la COVID-19 a fait au moins 5,18 millions de morts dans le monde, selon un décompte de l’Agence France-Presse.
Les Canadiens terminent leur voyage ce soir contre les Penguins à Pittsburgh.
Après avoir perdu à Washington et à Buffalo plus tôt cette semaine, les hommes de Dominique Ducharme espèrent conclure leur pénible périple sur une note positive.
Ce match est diffusé sur les ondes de TVA Sports et sur TVA Sports direct à compter de 19h.
Ce sera au tour de Jake Allen d’obtenir le départ devant le filet montréalais. Vendredi, le gardien québécois Samuel Montembeault a accordé quatre buts sur 39 tirs dans une défaite de 4-1 contre les Sabres.
De leur côté, les Penguins se sont imposés 1-0 devant les Islanders de New York hier soir.
Le CH a perdu six de ses sept dernières rencontres et présente une piètre fiche de 5-15-2 jusqu’à maintenant cette saison. Seuls les Coyotes de l’Arizona (4-14-2) et les Sénateurs d’Ottawa (4-13-1) ont récolté moins de points, mais ils ont joué moins de matchs que le Tricolore.
WASHINGTON | Un Américain de cinq ans a été tué par balle, jeudi soir, pendant qu’un groupe d’adolescents tournait une vidéo à mettre sur les réseaux sociaux, a rapporté la police de Brooklyn Park, dans le nord des États-Unis.
Un garçon de 13 ans est soupçonné d’avoir tiré accidentellement en manipulant une arme à feu, a-t-elle précisé sur Facebook. Il a été arrêté et placé en détention dans un centre pour mineurs.
«Plusieurs autres mineurs étaient présents» sur les lieux du drame, une maison de cette banlieue de Minneapolis, où «ils essayaient de tourner un film pour les réseaux sociaux», selon ce communiqué.
Les armes à feu ont fait au moins 35 autres victimes jeudi, alors que les Américains célébraient Thanksgiving, l’une des fêtes les plus populaires du pays, selon le site Gun Violence Archives.
Une fillette de cinq ans est morte à South Fulton, dans la banlieue d’Atlanta. Sa famille a déclaré sur la chaîne locale WCB-TV qu’elle avait accidentellement déchargé une arme posée sur une chaise.
Un homme de 25 ans a été abattu à Philadelphie d'une balle perdue alors qu’il dînait en famille. La police recherche un jeune homme de 19 ans soupçonné d’avoir tiré après avoir été éconduit d’une autre fête, dans une maison du voisinage, selon la filiale locale de NBC.
Les violences par armes à feu ont augmenté depuis le début de la pandémie aux États-Unis. Elles ont fait plus de 40 000 morts depuis le début de l’année, en incluant les suicides, selon Gun Violence Archives. 274 enfants de moins de 12 ans figurent dans ce sinistre décompte.
«L'Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) a confirmé que deux cas de COVID-19 comprenant des mutations compatibles avec B.1.1.529 ont été identifiés au Royaume-Uni», a annoncé le ministère dans un communiqué.
«Nous avons été informés de deux cas britanniques du variant Omicron», a déclaré le ministre de la Santé Sajid David, «Nous avons agi rapidement et les personnes concernées s'isolent tandis que la recherche de cas contact se poursuit».
«Les deux cas sont liés (entre eux) et à un voyage en Afrique australe», précise le communiqué. L'un d'eux a été détecté dans la ville de Nottingham et l'autre à Chelmsford, ont précisé les autorités sanitaires.
Afin de «faire face à l'évolution de la situation», le gouvernement britannique a notamment décidé de durcir à partir de 4H00 GMT dimanche ses conditions d'entrée sur le territoire pour les voyageurs provenant du Malawi, du Mozambique, de la Zambie et de l'Angola.
Ceux qui reviennent de ces quatre pays se verront donc interdire l'entrée du Royaume-Uni à moins d'être résidents britanniques. Les personnes «revenues de ces quatre pays au cours des 10 derniers jours doivent s'isoler et subir un test PCR», précise le communiqué.
Cela s'ajoute aux six autres pays- Afrique du sud, Namibie, Lesotho, Eswatini, Zimbabwe et Botswana - déjà placés par le gouvernement sur «liste rouge» depuis vendredi.
Le Royaume-Uni a été parmi les pays les plus durement touchés par le COVID-19, avec 144 500 décès depuis le début de la pandémie. Le nombre de cas reste élevé - plus de 50 000 dans les dernières 24 heures vendredi - mais plus de 80 % des personnes âgées de 12 ans et plus ont reçu une double injection de vaccin, et presque 30% ont eu une troisième dose.
Le gouvernement britannique a été très critiqué pour avoir tardé à durcir les restrictions sur les voyages au début de la pandémie, lorsqu'il a gardé ses frontières ouvertes alors que les taux d'infection montaient en flèche.
«Cela nous rappelle brutalement que nous ne sommes pas encore sortis de cette pandémie», a affirmé M. Javid, qui a exhorté le public visé à faire son rappel de vaccins. «Nous n'hésiterons pas à prendre des mesures supplémentaires si nécessaire», a-t-il ajouté.
Un premier cas du variant Omicron détecté en Italie
Un premier cas du variant Omicron du coronavirus a été détecté en Italie chez un homme de la région de Naples (sud) revenu du Mozambique, a annoncé samedi l’Institut supérieur de la santé (ISS), qui dépend du gouvernement italien.
« Le génome a été séquencé par le laboratoire (...) de l’hôpital Sacco de Milan (spécialisé dans les maladies infectieuses) à partir d’un échantillon positif d’un patient en provenance du Mozambique », a précisé l’ISS dans un communiqué. « Le patient et les membres de sa famille sont en bonne santé ».
« Les séquençages des échantillons prélevés sur les membres de sa famille s’étant révélés positifs et résidant dans la région Campanie (la région de Naples) ont déjà été programmés », a également indiqué l’ISS.
L’Italie a interdit vendredi l’entrée de son territoire à toute personne ayant séjourné en Afrique australe « au cours des 14 derniers jours ». En outre, tous les vols en provenance de cette région sont interdits.
Le gouvernement a également exigé que les personnes ayant séjourné en Afrique australe au cours des 14 derniers jours, mais se trouvant déjà sur le territoire italien le communiquent immédiatement aux autorités sanitaires, subissent un test moléculaire, se placent en confinement durant 10 jours et subissent un nouveau test à l’issue de ce délai.
L’Italie, comme toute l’Europe, est confrontée à une flambée de nouveaux cas de Covid-19 dont elle cherche à se protéger par tous les moyens. Mercredi, le gouvernement italien a notamment décidé d’accélérer la dose de rappel du vaccin anti-Covid et d’instaurer des restrictions pour les non-vaccinés.
L’Italie, qui a payé un lourd tribut avec plus de 133 000 morts depuis le début de la pandémie, enregistre depuis plusieurs jours plus de 10 000 nouveaux cas quotidiens (12 877 samedi).