Un influenceur très populaire sur le réseau social TikTok a succombé aux blessures par balle qui lui avait été infligées lundi, alors qu’il était en rendez-vous galant.
Anthony Barajas, un américain de 19 ans avec presque un million d’abonnés sur le réseau social TikTok, est décédé des suites d’une balle qu’il avait reçu à la tête cinq jours plus tôt.
Il se trouvait au cinéma avec Rylee Goodrich, une jeune femme de 18 ans qui l’accompagnait, lorsqu’un homme armé leur a tiré dessus, rapporte le département de police de la ville de Corona, aux États-Unis. Goodrich est décédée sur place, tandis que Barajas a été transporté à l’hôpital, où il a lutté pour sa vie durant plusieurs jours.
Le suspect principal, Joseph Jimenez, 20 ans, a été arrêté et est accusé de meurtre, tentative de meurtre, et vol. Il a été localisé chez lui peu de temps après l’attaque, et la police a retrouvé sur place des armes et d’autres preuves de son implication dans le double meurtre, rapporte CNN
Les raisons de cet acte ne sont pour l’instant pas connues. On ne sait pas non plus à quel moment de la séance a eu lieu la fusillade, et une enquête est en cours.
(Londres) Le service de santé public britannique (NHS) a revu samedi ses consignes pour l’utilisation des oxymètres de pouls, indiquant que ces appareils utilisés pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang chez les malades de la COVID-19 pouvaient donner des « lectures trompeuses » pour les patients à la peau foncée.
Agence France-Presse
Dans un communiqué, le NHS explique que ce changement intervient après une étude en avril de son Observatoire de la race et de la santé, qui avait révélé que les oxymètres de pouls « amplifient » parfois « les niveaux d’oxygène dans le sang pour les personnes ayant une couleur de peau plus foncée », conduisant ainsi à une « lecture trompeuse ».
Les oxymètres de pouls, souvent utilisés à domicile pour surveiller une éventuelle dégradation, fonctionnent en envoyant une lumière à travers la peau pour mesurer la quantité d’oxygène dans le sang, explique le NHS.
Un chiffre trompeur peut ainsi retarder l’hospitalisation ou la prise d’oxygène, alors même que les patients noirs ou d’autres minorités ethniques sont touchés de manière disproportionnée par le coronavirus au Royaume-Uni.
« Nous devons veiller à avoir des connaissances sur les potentielles limites de certains équipements de santé, en particulier pour les populations présentant un risque accru face à la maladie », a déclaré le docteur Habib Naqvi, directeur de l’Observatoire de la race et de la santé, « ce qui inclut diverses communautés noires et asiatiques qui utilisent des oxymètres de pouls pour surveiller leurs niveaux d’oxygène à domicile. »
Les nouvelles consignes du NHS, publiées sur son site internet, font état de ce dysfonctionnement possible, mais encouragent « les patients à la peau foncée qui ont reçu un oxymètre de pouls à continuer à l’utiliser ».
Il préconise désormais de prêter davantage attention aux changements entre les relevés qu’aux chiffres donnés, ce qui permet de « toujours de voir si les niveaux d’oxygène diminuent, même si l’oxymètre n’est pas totalement précis ».
Ce potentiel dysfonctionnement est particulièrement inquiétant compte tenu du fait que les personnes noires, asiatiques ou d’autres minorités ethniques habitant au Royaume-Uni, surreprésentées dans les professions exposant à des contaminations (transports ou services de santé), ont bien plus de risques de mourir du coronavirus que la moyenne, selon plusieurs études.
Cette surmortalité du coronavirus au sein des minorités résulte « des injustices structurelles, des inégalités et des discriminations qui ravagent notre société », avait conclu fin octobre un rapport parlementaire.
Avec toutes les calamités sanitaires, climatiques, écologiques et militaires qui affligent la planète, la crise qui engouffre le Liban a reçu relativement peu d'attention médiatique. C’est pourtant une catastrophe épique.
La paralysie politique actuelle qui caractérise l’État libanais, aussi inefficace que corrompu, aggrave une situation déjà désespérée et rend pratiquement impossible de même concevoir une sortie de crise.
L’inflation est massive. Les prix montent en flèche. Plus de 30% de la population active est au chômage. Ceux qui travaillent voient leur salaire fondre alors que l'épargne des retraités s'évapore. Les banques bloquent les retraits. La pandémie de coronavirus et l’énorme explosion dans le port de Beyrouth en août dernier ont dévasté encore plus l'économie. La classe moyenne libanaise a été décimée.
L'incapacité de punir les responsables de l’explosion du port de Beyrouth est une autre manifestation du dévoiement de l’État libanais, en train de devenir un «État défaillant» comme la Somalie, la Libye et le Yémen.
La situation au Liban est devenue si désespérée qu’une partie du million et demi de Syriens qui s’y sont réfugiés commence à rentrer chez elle. L’effondrement imminent des dernières capacités régaliennes de l’État libanais va aussi déclencher des flux migratoires vers la Turquie, l’Union européenne et, peut-être même, le Canada. Des dizaines de milliers de Libanais qui vivent au Liban ont des passeports canadiens et peuvent exiger d’être rapatriés.
Le Liban est un État multiculturel, multiethnique et multiconfessionnel; l’idéal, en quelque sorte, dont rêvent Justin Trudeau et ses libéraux.
On aimait citer en exemple le partage du pouvoir entre chrétiens maronites, musulmans chiites et sunnites. C’était un mythe et un mensonge qui permettaient surtout aux élites corrompues et accapareuses des trois communautés de s’entendre pour se partager le gâteau.
Faut-il rappeler la terrible guerre civile entre chrétiens et musulmans qui a ravagé le pays de 1975 à 1990, faisant plus de 150 000 morts et 17 000 disparus parmi les civils? Un des éléments déclencheurs de ce conflit était la présence de réfugiés palestiniens chassés d’Israël qui bouleversaient l’équilibre confessionnel du pays. Il a fallu des décennies au Liban pour s’en remettre.
Actuellement, les chrétiens maronites du président Michel Aoun sont alliés au Hezbollah chiite pro-iranien pour s’opposer au «Mouvement du Futur» sunnite. Dans le système politique libanais, basé sur des statistiques d’appartenance religieuse de 1932 jamais révisées, le président doit toujours être un chrétien maronite. Le Hezbollah, dont les capacités militaires sont supérieures à celles de l’armée libanaise, joue le rôle de faiseur de rois au Liban.
Une conférence soutenue par l'ONU et accueillie par la France à Paris le 4 août pourrait être la dernière chance de sauver le Liban déliquescent. La communauté internationale se méfie de ses dirigeants qui ont dilapidé à plusieurs reprises l’aide reçue.
Des juges français enquêtent présentement sur le transfert illégal de millions de dollars par un membre du bureau exécutif de la banque centrale vers des banques suisses, puis en France. Le procureur général suisse s’intéresse de son côté aux comptes bancaires suisses au Panama qui cachent des fonds de la banque centrale libanaise détournés pour «effectuer du blanchiment d'argent».
La France, les États-Unis et l'Arabie saoudite peuvent-ils imposer la formation d'un nouveau cabinet «intègre» pour instituer les réformes économiques draconiennes nécessaires et, surtout, exiger d’en superviser la mise en application?
Ça relèverait du miracle auquel les Libanais, gagnés par un désespoir lugubre, ne croient plus.
Un influenceur très populaire sur le réseau social TikTok a succombé aux blessures par balle qui lui avait été infligées lundi, alors qu’il était en rendez-vous galant.
Anthony Barajas, un américain de 19 ans avec presque un million d’abonnés sur le réseau social TikTok, est décédé des suites d’une balle qu’il avait reçu à la tête cinq jours plus tôt.
Il se trouvait au cinéma avec Rylee Goodrich, une jeune femme de 18 ans qui l’accompagnait, lorsqu’un homme armé leur a tiré dessus, rapporte le département de police de la ville de Corona, aux États-Unis. Goodrich est décédée sur place, tandis que Barajas a été transporté à l’hôpital, où il a lutté pour sa vie durant plusieurs jours.
Le suspect principal, Joseph Jimenez, 20 ans, a été arrêté et est accusé de meurtre, tentative de meurtre, et vol. Il a été localisé chez lui peu de temps après l’attaque, et la police a retrouvé sur place des armes et d’autres preuves de son implication dans le double meurtre, rapporte CNN.
Les raisons de cet acte ne sont pour l’instant pas connues. On ne sait pas non plus à quel moment de la séance a eu lieu la fusillade, et une enquête est en cours.
(Cape Canaveral) Au cœur d’une nouvelle vague, la Floride a fracassé le record du nombre de cas de COVID-19 en une seule journée, selon les données des autorités fédérales américaines publiées samedi.
Associated Press
Elles ont rapporté 21 683 nouveaux cas pour ce seul État.
La Floride est devenue le nouvel épicentre de la contagion aux États-Unis. Un nouveau cas sur cinq y a été signalé.
Le gouverneur Ron DeSantis et la législature de l’État, ont refusé d’imposer le port obligatoire du couvre-visage à la population. Ils ont également restreint ce que les autorités locales peuvent adopter comme mesure pour empêcher la propagation de la COVID-19. Ainsi, M. DeSantis a interdit vendredi aux conseils scolaires d’obliger leurs élèves à porter un masque à la rentrée, le mois prochain.
Les données ont été publiées sur le site internet du U. S. Centers for Disease Control and Prevention. Elles démontrent la vitesse avec laquelle la maladie se propage dans l’État. La veille, ce sont 17 334 nouveaux cas qui avaient été signalés.
Le nombre d’hospitalisations approche les sommets atteints lors de la vague de l’an dernier. Des chirurgies seront reportées pour libérer des lits pour les nouveaux malades.
Le précédent record, établi le 7 janvier, était de 19 334 nouveaux cas.
Preuve que la situation s’aggrave là-bas : les parcs d’attractions Universal Orlando Resort et SeaWolrd demandent aux visiteurs de porter un couvre-visage à l’intérieur. Universal a même ordonné à ses employés d’en porter un et de respecter la distanciation physique.
« La santé et la sûreté de tous nos visiteurs et employés sont nos priorités », a indiqué Universal dans un communiqué.
Des voisins ont été témoins d’une scène horrifiante, mercredi, dans un quartier résidentiel de Shakopee, au Minnesota.
Alors qu’elle faisait le ménage de sa maison, située à une intersection, Alexis Prull a aperçu une activité suspecte par la fenêtre. Intriguée, elle a décidé de filmer la scène à l’aide de son téléphone, rapporte CNN.
«Je pensais que c’était une blague. Je pensais que c’était une sorte de farce. Je ne pensais pas que c’était vrai, je pensais que c’était une poupée», raconte la femme.
Ce qu’elle a pris pour une poupée était en fait un corps. Un homme l’a sorti d’une voiture, puis a empoigné sa tête décapitée.
«Je l’ai vu aller sur son siège arrière, mettre son sac à dos et commencer à marcher comme si de rien n’était», se souvient la témoin.
La victime est une immigrante de 55 ans, Mafalda Thayer, qui aurait légalement fait changer son nom après avoir reçu sa citoyenneté, selon CNN.
Son conjoint, Alexis Saborit, 42 ans, est accusé du meurtre.
Selon l’acte d’accusation, des témoins qui sont passés par l’intersection et près du véhicule auraient vu le suspect poignarder la victime, mais n’auraient pas réalisé ce qui se passait.
L’arme du crime, une longue machette couverte de sang, aurait été trouvée le lendemain par une femme qui promenait son chien.
Le suspect aurait plaidé son innocence devant le tribunal, soutenant qu’il s’agissait de légitime défense, selon CNN.
Des voisins ont été témoins d’une scène horrifiante, mercredi, dans un quartier résidentiel de Shakopee, au Minnesota.
Alors qu’elle faisait le ménage de sa maison située dans une intersection, Alexis Prull a aperçu une activité suspecte par la fenêtre. Intriguée, elle a décidé de filmer la scène à l’aide de son téléphone, rapporte CNN.
«Je pensais que c’était une blague. Je pensais que c’était une sorte de farce. Je ne pensais pas que c’était vrai, je pensais que c’était une poupée», raconte la femme.
Ce qu’elle a pris pour une poupée était en fait un corps. Un homme l’a sorti d’une voiture, puis a empoigné sa tête décapitée.
«Je l’ai vu aller sur son siège arrière, mettre son sac à dos et commencer à marcher comme si de rien n’était», se souvient la témoin.
La victime est une immigrante de 55 ans, Mafalda Thayer, qui aurait légalement fait changer son nom après avoir reçu sa citoyenneté, selon CNN.
Son conjoint, Alexis Saborit, 42 ans, est accusé du meurtre.
Selon l’acte d’accusation, des témoins qui sont passés par l’intersection et près du véhicule auraient vu le suspect poignarder la victime, mais n’auraient pas réalisé ce qui se passait.
L’arme du crime, une longue machette couverte de sang, aurait été trouvée le lendemain par une femme qui promenait son chien.
Le suspect aurait plaidé son innocent devant le tribunal, soutenant qu’il s’agissait de légitime défense, selon CNN.
(Albany) Le diocèse d’Albany, dans l’État de New York, a protégé pendant des décennies ses prêtres ayant commis des agressions sexuelles, a reconnu un ancien évêque.
Associated Press
Howard Hubbard, évêque d’Albany de 1977 à 2014, a indiqué que le diocèse envoyait ses mauvais prêtres à subir des traitements psychiatriques dans le secteur privé plutôt que d’appeler la police.
Il a fait cet aveu dans une déclaration remise par son avocat à un journal d’Albany. Celle-ci a été publiée samedi.
Quelque 300 poursuites judiciaires ont été intentées contre le diocèse d’Albany. Les plaignants ont jusqu’au 14 août pour le faire, en vertu d’une loi de l’État de New York. Certains ont dit avoir été agressés il y a plusieurs décennies.
Mgr Hubbard aurait lui-même agressé des mineurs. Des plaignants lui reprochent aussi d’avoir couvert les agressions commises par d’autres prêtres.
« Quand des allégations d’inconduite sexuelles étaient rapportées contre un prêtre dans les années 1970 et 1980, la pratique habituelle au diocèse d’Albany était de retirer temporairement ce prêtre de son ministère et de l’envoyer subir des traitements », raconte Mgr Hubbard.
« On n’envisageait de le retourner à son ministère que si un psychologue certifié ou psychiatre déterminait qu’il ne récidiverait pas, ajoute-t-il. L’idée d’obtenir les conseils d’un professionnel était bien intentionnée, mais incorrecte. »
Une Floridienne a connu une semaine particulièrement éprouvante après que son fiancé, sa mère et sa grand-mère sont tous morts en l’espace de cinq jours après avoir contracté la COVID-19.
«J’ai perdu ma grand-mère samedi dernier, mon fiancé lundi et ma mère jeudi, raconte Tiffany Devereaux à CNN. J’ai dû rater les funérailles de ma grand-mère pour aller à l’hôpital dire au revoir à ma mère.»
Mme Devereaux, qui a elle aussi contracté le virus, mais qui n’éprouve que des symptômes légers, explique que sa vie a complètement basculé.
«Je me sens perdue, complètement perdue. Je ne sais pas quoi penser ni quoi ressentir en ce moment. Je veux ravoir mes proches. Ce sont eux qui ont toujours été avec moi dans les moments les plus difficiles et maintenant ils ne sont plus là», Tiffany Devereaux.
Son fiancé, Britt, n’était âgé que de 35 ans tandis que sa mère en avait 65 et sa grand-mère 85.
Mme Devereaux indique que sa grand-mère avait reçu le vaccin contre la COVID-19, mais que sa santé était déjà précaire. Personne d’autre dans sa famille n’avait été inoculé, cependant.
Réticente à recevoir le vaccin, Tiffany Devereaux assure maintenant qu’elle ira se faire vacciner.
«Le dernier souhait de ma mère et de mon fiancé était que j’aille me faire vacciner. Ils m’ont dit à quel point la maladie était douloureuse», dit-elle.
Jeudi, le président américain Joe Biden a annoncé une nouvelle série de mesures pour inciter la population à recevoir une injection.
Pour Mme Devereaux, elle espère que les gens répondent à l’appel du président pour qu’ils n’aient pas à vivre ce qu’elle a vécu.
«Je veux que tout le monde sache à quel point c’est important», lance-t-elle.
Une vague de chaleur au Groenland, avec des températures plus de dix degrés supérieures aux normales saisonnières, a provoqué cette semaine un épisode de fonte «massive» de la calotte glaciaire groenlandaise, ont averti des glaciologues.
Depuis mercredi, la calotte glaciaire qui recouvre le vaste territoire arctique a fondu d'environ 8 milliards de tonnes chaque jour, soit le double du rythme moyen lors de la période estivale, selon les données du Polar Portal, un outil de modélisation géré par des instituts de recherche danois.
Des températures inhabituelles de plus de 20 degrés, avec des records locaux, ont été enregistrées dans le nord du Groenland ces derniers jours, selon l'institut météorologique danois DMI.
Sur le petit aéroport de Nerlerit Inaat, dans le nord-est du Groenland, le mercure a atteint 23,4 degrés jeudi, le plus haut niveau mesuré depuis le début des relevés de la station météo et plus chaud que la température maximale enregistrée au Danemark ce jour-là.
Cette vague de chaleur, qui a également touché une grande partie de l'immense territoire arctique, s'est traduite par un rythme accéléré de fonte de la calotte glaciaire.
À titre de comparaison, l'immense volume d'eau fondue relâché quotidiennement ces derniers jours - 8000 milliards de litres d'eau douce - «suffirait pour couvrir de cinq centimètres d'eau l'ensemble de la surface de la Floride», souligne Polar Portal.
AFP
Le record de fonte quotidien au Groenland, qui date de l'été 2019, n'a pas été battu, mais la partie du territoire groenlandais où la glace a fondu est plus grande qu'il y a deux ans, a précisé le site de surveillance arctique.
Deuxième calotte glaciaire après l'Antarctique, avec une surface de près de 1,8 million de kilomètres carrés, la couche de glace qui recouvre le Groenland suscite l'inquiétude des scientifiques, alors que le réchauffement dans l'Arctique est trois fois plus rapide qu'ailleurs dans le monde.
Son recul entamé il y a plusieurs décennies s'accélère depuis 1990 et ne cesse de s'emballer.
Selon une étude européenne publiée en janvier, la fonte de la calotte groenlandaise devrait contribuer à l'élévation générale du niveau des océans à hauteur de 10 à 18 centimètres d'ici 2100, soit 60% plus vite que la précédente estimation.
La calotte groenlandaise contient au total de quoi élever les océans de 6 à 7 mètres.
Du fait d'un début d'été relativement frais avec des chutes de neige et de pluie, le recul de la calotte en 2021 est pour l'heure encore dans la moyenne historique, selon Polar Portal. La période de fonte s'étend de juin à début septembre.
PÉKIN | La Chine tentait de contenir, samedi, ce qui semble être sa pire vague de contaminations à la COVID-19 depuis plusieurs mois, les autorités mettant cette hausse des cas sur le compte du variant Delta, désormais présent dans 14 provinces.
Au total, le pays compte 328 nouveaux cas d’infection en juillet, soit presque autant que dans la période allant de février à juin, touchant notamment des villes telles que Nankin (est), non loin de Shanghai, ou la ville touristique de Zhangjiajie, dans la province du Hunan (sud)
«La principale souche circulant désormais est le variant Delta, ce qui représente un défi d’autant plus difficile en termes de prévention et de contrôle », a expliqué le porte-parole de la Commission nationale de santé (NHC) lors d’un point presse.
Apparu à l’aéroport de Nankin au début du mois, auprès de neuf employés chargés de nettoyer la cabine d’un appareil en provenance de Russie, le variant a rapidement essaimé dans d’autres parties du pays.
Cette rapidité est liée non seulement à la forte contagiosité du variant, mais également au pic de la saison touristique dans le pays, avec un usage intensif des transports aériens par les Chinois, a expliqué à la presse un responsable de la NHC, He Qinghua.
Les autorités de Nankin ont ordonné à tous les lieux culturels et attractions touristiques de ne pas ouvrir samedi, en raison de l’augmentation des transmissions nationales.
Des centaines de milliers de personnes sont désormais confinées dans la province du Jiangsu, dont Nankin est la capitale, tandis que la ville a soumis ses 9,2 millions d’habitants à deux dépistages.
La ville touristique de Zhangjiajie, dans la province du Hunan, où une poignée de personnes positives au coronavirus ont assisté à une représentation théâtrale, a confiné ses 1,5 million d’habitants et fermé toutes les attractions touristiques vendredi, selon un communiqué officiel.
En banlieue de Pékin, dans le district de Changping, où deux malades ont été découverts, 41 000 personnes ont été placées en confinement jeudi. Il s’agit des premiers cas locaux enregistrés à Pékin, qui compte plus de 20 millions d’habitants, depuis six mois.
À Zhengzhou, dans la province du Henan, récemment touchée par des inondations meurtrières, la découverte d’un premier cas asymptomatique a entraîné samedi le lancement d’une vaste campagne de test pour les 10 millions d’habitants de la ville.
Si le coronavirus a été détecté pour la première fois à Wuhan (centre) fin 2019, la Chine a depuis largement maîtrisé l’épidémie grâce à des confinements, à des applications mobiles de suivi des déplacements ou encore à des quarantaines obligatoires à l’arrivée sur le territoire.
La vie est quasi-normale depuis le printemps 2020 et le pays n’a rapporté que deux morts de la COVID-19 depuis avril l’an passé.
(Pékin) La Chine tentait de contenir samedi ce qui semble être sa pire vague de contaminations à la COVID-19 depuis plusieurs mois, les autorités mettant cette hausse des cas sur le compte du variant Delta, désormais présent dans 14 provinces.
Agence France-Presse
Au total, le pays compte 328 nouveaux cas d’infection en juillet, soit presque autant que sur la période allant de février à juin, touchant notamment des villes telles que Nankin (est), non loin de Shanghai, ou la ville touristique de Zhangjiajie, dans la province du Hunan (sud)
« La principale souche circulant désormais est le variant Delta, ce qui représente un défi d’autant plus difficile en termes de prévention et de contrôle », a expliqué le porte-parole de la Commission nationale de santé (NHC) lors d’un point presse.
Apparu à l’aéroport de Nankin au début du mois, auprès de neuf employés chargés de nettoyer la cabine d’un appareil en provenance de Russie, le variant a rapidement essaimé dans d’autres parties du pays.
Cette rapidité est liée non seulement à la forte contagiosité du variant mais également au pic de la saison touristique dans le pays, avec un usage intensif des transports aériens par les Chinois, a expliqué à la presse un responsable de la NHC, He Qinghua.
Les autorités de Nankin ont ordonné à toutes les attractions touristiques et lieux culturels de ne pas ouvrir samedi, en raison de l’augmentation des transmissions nationales.
Des centaines de milliers de personnes sont désormais confinées dans la province du Jiangsu, dont Nankin est la capitale, tandis que la ville a soumis ses 9,2 millions d’habitants à deux dépistages.
PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE
Vue aérienne montrant des files d'attente à un centre de dépistage de la COVID-19 de Huai'an, dans la province du Jiangsu.
La ville touristique de Zhangjiajie, dans la province du Hunan, où une poignée de personnes positives au coronavirus ont assisté à une représentation théâtrale, a confiné ses 1,5 million d’habitants et fermé toutes les attractions touristiques vendredi, selon un communiqué officiel.
En banlieue de Pékin, dans le district de Changping où deux malades où été découverts, 41 000 personnes ont été placées en confinement jeudi. Il s’agit des premiers cas locaux enregistrés à Pékin, qui compte plus de 20 millions d’habitants, depuis six mois.
PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE
L'accès à un quartier résidentiel de Pékin a été bloqué en raison de la COVID-19.
A Zhengzhou, dans la province du Henan récemment touchée par des inondations meurtrières la découverte d’un premier cas asymptomatique a entraîné samedi le lancement d’une vaste campagne de test pour les 10 millions d’habitants de la ville.
Si le coronavirus a été détecté pour la première fois à Wuhan (centre) fin 2019, la Chine a depuis largement maîtrisé l’épidémie grâce à des confinements, des applications mobiles de suivi des déplacements ou encore des quarantaines obligatoires à l’arrivée sur le territoire.
La vie est quasi-normale depuis le printemps 2020 et le pays n’a rapporté que deux morts de la COVID-19 depuis avril l’an passé.
En août 2020, une explosion monstre dans le port de Beyrouth a fait 200 morts et plus de 6000 blessés, et détruit des quartiers complets de la capitale libanaise.
Photo : Reuters / Hannah McKay
BEYROUTH, Liban – « J’ai peur de mourir », murmure Hend Smat, les larmes aux yeux.
À 60 ans, la femme frêle vient s’asseoir sur une petite chaise droite dans l’épicerie du coin. Comme ça, elle peut faire un brin de jasette aux clients, au jeune caissier, et se soulager de ses immenses soucis. Je suis malade du cœur et il n’y a plus de médicaments, même pour ça! Si je n’ai pas ce médicament, je vais mourir.
Son cœur ne va pas bien. Le myocarde, l’organe. Mais son cœur au sens métaphorique ne va guère mieux. Je suis seule. Mon mari est mort à la guerre. Mon fils est parti au Canada et je ne veux pas qu’il revienne dans ce pays. Il n’y a pas d’avenir ici.
Hend Smat a tout perdu dans l'explosion du port de Beyrouth l'an dernier. Malade du cœur, elle craint maintenant que la crise économique l'empêche de se procurer des médicaments qui lui sont vitaux.
Photo : Radio-Canada / Émilie Dubreuil
Mme Smat a perdu son appartement l’an dernier lors de l’explosion apocalyptique dans le port de Beyrouth, qui a fait 200 morts et plus de 6000 blessés, et détruit des quartiers complets de la capitale. Elle a tout perdu. Ses souvenirs, ses meubles. Tout. Et la compagnie d’assurances ne l’a pas indemnisée.
Le cauchemar de cette journée du 4 août 2020 la hante. Comme bien du monde dans la capitale du pays. Mais, depuis le choc, depuis le traumatisme, les Libanais n’ont pas le loisir de panser leurs plaies, parce qu’ils sont occupés à survivre à une autre catastrophe, l’implosion de leur économie.
Depuis la fin de la guerre civile en 1990, l'économie libanaise repose en grande partie sur les capitaux étrangers qui, devant l'instabilité politique latente, de plus en plus grande depuis un an, ont fermé leurs robinets. Les réserves des banques libanaises sont au plus bas, la livre est dévaluée, un déclin accentué par la pandémie. Bref, les crises politique et sanitaire ont débouché sur une crise économique.
En juin, la Banque mondiale qualifiait la débâcle qui frappe le Liban d’une des pires crises à l’échelle mondiale depuis le milieu du 19e siècle.
Concrètement, cela veut dire quoi?
Ça fait un an que je n’ai pas mangé de viande. Un an que j’ai à peine assez d’argent pour acheter des pâtes et de la sauce tomate.
Pourtant, Mme Smat a travaillé toute sa vie dans une banque. Mais ses économies ne valent pratiquement plus rien.
Un jeune homme costaud vient acheter une bouteille d’eau à l’épicerie. Il s’arrête et me donne un petit cours d’économie libanaise. En 2020, je gagnais un million de livres par mois. L’équivalent de 700 $ US. Aujourd’hui, je gagne toujours un million, mais cela vaut 50 $, donc je ne peux plus rien acheter.
Pire que pendant la guerre
Le Liban, un minuscule territoire serti de voisins puissants et turbulents, la Syrie et Israël, compte 6 millions d’habitants. Sur ces 6 millions, 55 % vivent sous le seuil de la pauvreté, selon un rapport de l'ONU publié en mai dernier. La classe moyenne a rétréci de 15 %. Ça fait beaucoup de monde à bout de nerfs, épuisés, désespérés.
Liban iskaput. Liban is mort. Salem retire ses mains du volant de son taxi, pointe les doigts de sa main droite sur sa tête et lâche un pow pow.
Liban assassiné. Tu comprends?
Salem possède à peine quelques mots d’anglais, quelques mots de français et un certain talent de mime. Ce qui a l’avantage de résumer de façon on ne peut plus simple ce que ressentent les Libanais en cet été 2021. Hezbollah est mauvais, mauvais, mauvais, dit-il.
Il y a 18 groupes religieux reconnus qui peuplent le Liban et la gouvernance du pays est confessionnelle. Le président est chrétien maronite, le premier ministre musulman sunnite, le chef du parlement musulman chiite, et ainsi de suite. Les élus au Parlement sont identifiés à ces groupes religieux et les dirigeants sont d'anciens chefs de guerre de différentes confessions qui, après s’être livré bataille lors de la guerre civile, ont fait main basse sur le gouvernement et ses revenus.
Pour Salem, le Hezbollah, le Parti de Dieu fondé en 1982 et armé jusqu’aux dents, est le diable qui se cache derrière le désastre libanais. Il est chrétien. Un musulman aurait sans doute une autre vision des choses.
Tout ici est politique. Tout ici est religieux. Et, surtout, corrompu. Si le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale sont prêts à aider le Liban, ils exigent des réformes politiques. Les deux instances ont nommé clairement le problème endémique de la corruption.
Salem m’amène en banlieue de Beyrouth pour y rencontrer la vieille tante d’une amie d’enfance, Nadia. Le père de Nadia, Joseph, comme des centaines de milliers de Libanais, a quitté sa patrie de citronniers pour le Québec pendant la guerre civile, qui a duré 15 ans et qui a tué de 150 000 à 250 000 personnes.
Sa sœur, Daad Gholmieh, a aujourd’hui dépassé les 80 ans. Elle m’amène marcher à la plage. Dans sa jolie robe à voilure, elle me fait penser à Jeanne Moreau dans La vieille qui marchait dans la mer.
Elle est restée au Liban toute sa vie. Oncologue, elle a été l’une des premières femmes médecins du pays. Née à la frontière d’Israël, elle a vu ses parents tout perdre quand la terre familiale au sud du Liban a été cédée au nouvel État juif. Les révolutions, les crises, les guerres, elle connaît.
Pourtant, ce qui se passe aujourd’hui au Liban, elle ne le digère pas.
Notre gouvernement est formé de voleurs. Non, de tueurs! Ils nous tuent! C’est pire que pendant la guerre, pire!
Durant la récente pandémie, la Dre Gholmieh a décidé de prendre sa retraite et de nager, de marcher, de profiter de la vie avant de rencontrer la mort. Surtout que c’est la catastrophe dans les hôpitaux.
Quand tout fait défaut
Dans son grand bureau, le président du syndicat des hôpitaux privés du Liban, Sleiman Haroun, confirme les dires de la Dre Gholmieh, l’air soucieux. Tous les Libanais sont stressés. Nous vivons des temps difficiles, dit-il en soupirant.
Il interrompt notre entretien pour prendre un appel urgent. Il doit absolument se procurer du mazout. Comme l’électricité fait défaut dans le pays, tout le monde, y compris les hôpitaux, doit combler ses besoins en énergie avec des génératrices.
Or, il y a pénurie de carburant. Dans chaque station-service, des voitures font la file pendant des heures pour essayer d'obtenir un peu d’essence. Les hôpitaux doivent aussi marchander le pétrole. J’ai des gens sous respirateurs, par exemple, je ne peux pas manquer de courant.
Sur le marché noir, le mazout se vend cinq fois le prix officiel.
M. Haroun explique qu’il doit faire chaque jour des choix déchirants. Non seulement manque-t-il de mazout, mais les médicaments ont commencé eux aussi à manquer. Le Liban importe presque tout et les hôpitaux n’ont plus les moyens de payer les pharmaceutiques. Concrètement, l'hôpital qu’il dirige réserve certains médicaments en cas d’urgence et ne peut plus effectuer certaines opérations ni se procurer d’équipements.
Qui plus est, des dizaines de médecins et d’infirmières ont quitté son service depuis un an. Selon l’Ordre des médecins du Liban, 1000 médecins et infirmières ont quitté le pays dans les derniers mois pour aller travailler dans les pays arabes, en Europe ou en Amérique. Leur salaire avait baissé de 90 %. Je ne peux pas les blâmer.
M. Haroun a rencontré il y a trois mois des représentants de la Banque mondiale. Ils m’ont dit qu’ils avaient les fonds et la volonté de nous aider, mais qu’il fallait que nous ayons un nouveau gouvernement non corrompu avant d’avoir accès à l’aide.
Nous filons sur l’autoroute. Salem, derrière son volant, s'impatiente. La voiture s’est engouffrée dans un rond-point où les voitures s’entrecroisent, se contournent, dans un ballet chaotique. Les conducteurs s’invectivent, klaxonnent, s'impatientent dans la chaleur lourde, gorgée d’humidité.
Les feux de circulation sont éteints parce que le gouvernement a omis de payer la compagnie privée qui les fait fonctionner.
Photo : Radio-Canada / Émilie Dubreuil
Regarde, me dit Salem. Il pointe les feux de circulation. Éteints. Les feux sont opérés par une compagnie privée. Comme le gouvernement ne l'a pas payée depuis des mois, elle ne les fait plus fonctionner. Alors, c’est le bordel. C’est le Liban! me livre-t-il en guise d’explications, l’air désabusé.
Au Liban, État prisonnier d’un cercle vicieux chaotique, les métaphores sont la seule denrée qui ne soit pas en pénurie pour illustrer l’ampleur de la dysfonction politique qui condamne les Libanais à assister au naufrage d’un pays qu’ils aiment, mais qui les fait souffrir et leur brise le cœur en retour.
Un an après l’explosion au port de Beyrouth, survenue en pleine crise économique, le Liban est au bord du précipice. La nourriture est hors de prix. Les pannes d’électricité s’intensifient. Les médicaments sont introuvables. Et l’enquête sur l’explosion piétine. De Beyrouth à Montréal, des Libanais en colère sonnent l’alarme. Un dossier de Janie Gosselin
Janie GosselinLa Presse
« Tout le monde est sur le mode survie »
PHOTO MOHAMED AZAKIR, ARCHIVES REUTERS
File d'attente devant une boulangerie de Beyrouth. Les Libanais doivent composer avec des pénuries chroniques de toutes sortes, couplées à une hyperinflation. Plus de la moitié des Libanais vivent maintenant sous le seuil de pauvreté.
À l’hôpital Saint-Georges de Beyrouth, les fenêtres dans les chambres des patients sont toujours placardées, un an après l’explosion au port, raconte Chady Kharrat, résident en médecine. La majorité des ascenseurs de l’établissement ne fonctionnent pas. Les marques laissées par les débris sont un rappel quotidien sur les murs.
« La destruction était inimaginable », raconte l’homme de 24 ans au téléphone.
L’an dernier, La Presse avait rencontré Chady Kharrat dans son logement de Jal el Dib, au nord de Beyrouth, quelques jours après l’explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposées dans le port. Il avait été blessé à un genou, au dos et au front quand l’impact de la déflagration avait détruit une partie de l’hôpital, où il se trouvait ce 4 août 2020.
PHOTO FOURNIE PAR CHADY KHARRAT
Chady Kharrat, résident en médecine, que nous voyons ici administrer un vaccin contre la COVID-19
Un an plus tard, ses blessures physiques sont guéries. Mais les questions sur l’explosion demeurent sans réponse, malgré l’aveu des autorités indiquant que le matériel avait été entreposé dans un hangar du port « sans mesure de précaution » –, provoquant une importante déflagration lorsqu’un incendie s’y était déclenché. Le nitrate d’ammonium semble avoir été entreposé dans le port pendant près de 6 ans, lorsqu’un cargo transportant la matière a dû accoster à Beyrouth. L’enquête sur l’évènement qui a fait plus de 200 morts, 6500 blessés et dévasté plus de la moitié de la capitale n’a toujours donné aucun résultat concret (voir autre texte).
PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
L'immense cratère laissé par l'explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth. La photo a été prise au lendemain de la tragédie.
PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
L'onde de choc a tout balayé sur son passage.
PHOTO PATRICK BAZ, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Plus de la moitié de la capitale a été dévastée.
PHOTO IBRAHIM AMRO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Un homme attend des soins devant un hôpital de Beyrouth le soir du drame.
PHOTO ANWAR AMRO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
La tragédie a fait plus de 200 morts et 6500 blessés.
Grave crise
L’explosion, conjuguée à la pandémie et à la paralysie politique, a aggravé la crise économique déjà importante depuis octobre 2019, actuellement l’une des plus graves du monde depuis le milieu du XIXe siècle, selon la Banque mondiale.
« La crise actuelle est une tempête parfaite, comme on n’en a jamais vu nulle part, parce qu’on a différents scénarios en même temps : une crise de la dette, une crise du système bancaire, une crise politique », résume au téléphone Simon Neaime, professeur d’économie et de finance à l’Université américaine de Beyrouth.
Il montre du doigt « une combinaison de mauvaises décisions économiques, avec un gouvernement corrompu », des politiques en cours depuis la fin de la guerre civile, au début des années 1990.
Les impacts de la crise se font sentir partout dans la société. Plus de la moitié des Libanais vivent maintenant sous le seuil de pauvreté. Et les anciens nantis sont aujourd’hui les nouveaux pauvres.
PHOTO FOURNIE PAR FADIA KARAM
Fadia Karam
Il faut dépenser de l’argent fou pour avoir juste le minimum. Le pain, l’huile… La viande est inaccessible, inabordable. Tout est extrêmement cher.
Fadia Karam, 65 ans
Autrefois enseignante, Fadia Karam, aujourd’hui retraitée, gagnait bien sa vie. Elle s’inquiète maintenant de voir fondre ses économies, en plus d’être limitée dans l’accès à son argent, les banques ayant plafonné le nombre de retraits autorisés par périodes.
« Jusqu’à maintenant, j’arrive à survivre, mais ce n’est pas suffisant », dit celle dont l’appartement a été endommagé par l’explosion.
« Catastrophique »
La livre libanaise a perdu quelque 90 % de sa valeur par rapport au dollar américain sur le marché « parallèle », régulé selon l’offre et la demande, contrairement au taux officiel. Or, les biens et denrées sont principalement importés. Ils sont donc payés à l’étranger en dollars américains, mais vendus dans la monnaie locale, faisant bondir les prix.
Les Libanais manquent de tout. Le prix des aliments est exorbitant, l’essence se raréfie, les médicaments sont difficiles à trouver.
PHOTO HASSAN AMMAR, ASSOCIATED PRESS
Cohue dans une station-service en banlieue sud de Beyrouth, le 27 juin dernier
PHOTO MAHMOUD ZAYYAT, AGENCE FRANCE-PRESSE
Des camions bloquent un boulevard dans la ville côtière de Saïda, dans le sud du pays, pour protester contre la pénurie de carburant, le 12 juillet dernier.
PHOTO HUSSEIN MALLA, ASSOCIATED PRESS
Ruée de clients vers une maison de torréfaction à Beyrouth, le 23 juin, à la suite d'une hausse soudaine des prix du café.
PHOTO IBRAHIM CHALHOUB, AGENCE FRANCE-PRESSE
Les pharmacies du pays ont fermé dans le cadre d'une grève nationale, le 9 juillet dernier, pour dénoncer les pénuries de médicaments dans le pays.
Selon l’Observatoire de la crise de l’Université américaine de Beyrouth, le budget d’un ménage consacré à la nourriture s’élève maintenant à cinq fois le salaire minimum. À 675 000 livres libanaises par mois, celui-ci représente officiellement environ 560 dollars canadiens. Avec l’hyperinflation, cette somme vaut maintenant un peu moins de 40 $.
Les pharmacies ont aussi du mal à s’approvisionner.
C’est vraiment catastrophique. Beaucoup de médicaments sont introuvables. Presque tous les gens qui viennent aux urgences avec, disons, des maladies traitables, on leur indique les médicaments à prendre. Ils vont à la pharmacie et ils ne trouvent pas.
Chady Kharrat, médecin résident
Les Libanais font la queue pendant de nombreuses heures pour pouvoir mettre un peu d’essence dans leur voiture, dans un pays où les transports collectifs font défaut.
Déjà fragile, le réseau d’électricité peine à fonctionner en raison des pénuries de carburant, avec des pannes pouvant durer 23 heures par jour.
Les hôpitaux craignent les conséquences s’ils ne peuvent plus alimenter les génératrices. Le syndicat des hôpitaux privés a sonné l’alarme à ce sujet la semaine dernière.
« L’enfer »
« Ce que nous vivons est proche de l’enfer, lance M. Neaime. Nous avons l’hyperinflation, une monnaie qui ne vaut plus rien, les économies qui ont disparu parce que les banques commerciales ont prêté l’argent des Libanais à un gouvernement corrompu. »
La pratique a été comparée par les critiques du gouvernement à une pyramide de Ponzi. Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salamé, fait d’ailleurs face à une enquête sur détournement de fonds publics et évasion fiscale. Il conteste les allégations.
PHOTO HANNAH MCKAY, ARCHIVES REUTERS
Un homme observant, l'an dernier, les dégâts causés par l'explosion dans le port, tout près d'un graffiti : « Mon gouvernement a fait cela »
Le gouvernement libanais a demandé une aide au Fonds monétaire international, qui exige des réformes en échange d’argent.
Or, les réformes sont difficiles à envisager sans la mise en place d’un gouvernement, puisque le premier ministre Hassan Diab a démissionné après l’explosion d’août 2020.
Un nouveau premier ministre, Najib Mikati, a été chargé cette semaine de former un gouvernement, après que son prédécesseur eut jeté l’éponge.
PHOTO MOHAMED AZAKIR, REUTERS
Le premier ministre désigné, Najib Mikati
Chady Kharrat tente de ne pas perdre espoir devant les difficultés, même si le désir de quitter le pays est de plus en plus pressant.
« Nous ne savons pas ce qui va arriver, lance-t-il. Jour après jour, nous perdons notre humanité. Nous devenons seulement des survivants. Tout le monde veut juste avoir sa nourriture, son eau, son essence… Nous nous battons pour les premières nécessités. Tout le monde est sur le mode survie. »
Avec l’Agence France-Presse et TheNew York Times
« Nous ne savons toujours pas ce qui s’est passé »
PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE
Affrontement devant la résidence du ministre de l'Intérieur, le 13 juillet : les manifestants accusent le gouvernement de faire traîner l'enquête sur l'explosion du 4 août 2020.
Le 4 août, Melvine Kassab participera à une grande cérémonie à Beyrouth à la mémoire de sa mère, Magida Saadeh Kassab. La femme de 52 ans fait partie des victimes de l’explosion au port de Beyrouth. Elle se trouvait au chevet de sa mère malade à l’hôpital lorsqu’elle a été tuée par les débris projetés dans la déflagration.
« Je ne veux pas que les gens oublient, dit au téléphone la jeune femme de 25 ans. C’est quelque chose qui ne devrait pas être oublié. »
La Presse l’avait rencontrée dans la maison familiale l’an dernier. L’employée en marketing était alors tourmentée par les questions concernant les circonstances de la mort de sa mère, que son père et elle avaient trouvée inerte sur le sol de la chambre de sa grand-mère malade.
PHOTO FOURNIE PAR MELVINE KASSAB
Melvine Kassab avec sa mère Magida Saadeh Kassab, tuée dans l’explosion
« Nous avons encore le cœur brisé, confie-t-elle. Nous ne savons toujours pas ce qui s’est passé. Et avec notre gouvernement très corrompu, je ne crois pas que l’enquête va mener quelque part. »
Enquête
Le juge d’abord nommé pour l’enquête, Fadi Sawan, a inculpé en décembre le premier ministre Hassan Diab – qui a remis sa démission peu après l’explosion, mais continue de gérer les affaires courantes faute de nouveau gouvernement – et trois anciens ministres pour « négligence et avoir causé des centaines de morts ». Son mandat a été révoqué deux mois plus tard, son impartialité ayant été remise en question puisque sa propriété a subi des dommages dans l’explosion.
Le mois dernier, une cinquantaine d’ONG ont demandé une enquête de l’ONU sur l’explosion.
PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Le 13 juillet dernier, des manifestants brandissent des portraits de proches morts dans l'explosion du 4 août 2020. Ils exigent que les vrais responsables soient jugés et dénoncent l'incurie de la classe politique.
PHOTO BILAL HUSSEIN, ASSOCIATED PRESS
Un Libanais qui a perdu des proches dans l'explosion avait tapissé sa voiture de photos de victimes lors d'une manifestation le 23 juillet à Beyrouth.
Le nouveau juge d’instruction chargé de l’enquête, Tarek Bitar, a demandé cet été la levée de l’immunité parlementaire pour les trois anciens ministres, « en vue de les inculper et d’intenter des poursuites pour potentielle intention d’homicide », mais aussi pour « négligence et manquements ».
Le bureau du Parlement et la commission de la justice ont demandé des preuves avant de se prononcer pour déterminer si l’immunité sera levée.
Cette décision a causé la colère et mené à des heurts entre manifestants et policiers.
Scepticisme
La nomination cette semaine d’un nouveau premier ministre chargé de former un gouvernement n’a rien fait pour calmer l’inquiétude. Najib Mikati, un politicien milliardaire, a fait l’objet d’une enquête il y a deux ans pour « enrichissement illicite ».
« Même s’il formait un gouvernement, si [les politiciens] ne sont pas prêts à faire des changements radicaux, ça ne changera pas et ça ne fonctionnera pas », estime Marie-Joëlle Zahar, professeure de sciences politiques à l’Université de Montréal.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Marie-Joëlle Zahar, professeure de sciences politiques à l’Université de Montréal
Ayant elle-même de la famille au Liban, elle suit les évènements de près. Elle aimerait voir les différents pays, dont le Canada, geler les actifs à l’étranger des politiciens libanais, comme pour les dirigeants tunisiens en 2011. « La seule chose qui ferait changer les choses aujourd’hui, c’est de les toucher dans leur sécurité économique », explique-t-elle.
Avec l’Agence France-Presse
En quelques dates
17 octobre 2019
La colère explose après l’annonce d’une nouvelle taxe sur les appels WhatsApp. Début d’un mouvement souvent désigné comme la « révolution ».
7 mars 2020
Pour la première fois, le Liban, qui doit quelque 92 milliards US, fait défaut sur le remboursement de sa dette.
4 août 2020
En début de soirée, une explosion détruit le port de Beyrouth et une partie de la capitale, faisant plus de 200 morts et plus de 6500 blessés.
10 août 2020
Devant les manifestations et les accusations de négligence, le premier ministre Hassan Diab annonce la démission de son gouvernement.
22 octobre 2020
Saad Hariri devient le premier ministre désigné, après que son prédécesseur, Moustapha Abid, eut jeté l’éponge un mois plus tôt.
15 juillet 2021
Après des mois de tractations pour former un gouvernement, Saad Hariri renonce à son tour à son poste. Le 26 juillet, Najib Mikati devient le nouveau premier ministre désigné.
Avec l'Agence France-Presse
Tout quitter et refaire sa vie à Montréal
PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Sayde Jabra vivait au Liban lors de l’explosion du 4 août 2020. Elle a déménagé à Montréal au cours de l’année qui a suivi.
« Je n’ai jamais voulu quitter mon pays, confie Sayde Jabra. J’ai vécu là-bas toute ma vie, j’ai bâti ma carrière de zéro, j’y suis devenue la personne que je suis. »
La photographe de 37 ans a quitté le Liban le 22 août 2020 pour refaire sa vie à Montréal, avec son mari, un Libano-Canadien qui a habité une dizaine d’années au Québec dans sa jeunesse, et leurs fils de 9 et 7 ans.
« Quand les choses ont commencé à se détériorer, avec la valeur de l’argent, il n’y avait plus de sécurité chez nous au Liban, donc on avait peur des vols, des kidnappings… raconte-t-elle. On avait pris la décision vers avril, mai [de déménager à Montréal]. Je pleurais tous les jours. Comment je vais quitter mon pays, ma famille, mon travail ? »
L’explosion du 4 août 2020 l’a décidée à partir. Lors de la déflagration, elle se trouvait dans un centre commercial. Des éclats de verre lui ont entaillé la peau. Elle a vu des gens gravement blessés autour d’elle.
Les cauchemars l’ont poursuivie à Montréal.
Elle tenait à commémorer l’explosion, un an plus tard. « Je voulais rassembler la communauté libanaise », dit-elle.
La photographe a apporté une parcelle du Liban dans ses bagages, des images croquées au fil des ans. Le soir du 5 et du 6 août, elle présentera une série de ses photos, au café Chez Téta, sur le Plateau Mont-Royal, où elles doivent être exposées jusqu’au 22 août. Une partie des profits de la vente des photos est destinée à la Beirut Heritage Initiative, une association restaurant les bâtiments historiques, nombreux dans le secteur dévasté par l’explosion.
« Je voulais montrer le côté positif du pays », souligne la femme, qui exposera ses photos de différents paysages et non de la destruction laissée dans le sillage de l’explosion.
D’un port à l’autre
La chanteuse de jazz Randa Ghossoub, établie au Québec depuis plus de 30 ans, tient aussi à se recueillir en solidarité avec le peuple libanais. Le 4 août, à 11 h – heure de Montréal à laquelle l’explosion est survenue à Beyrouth –, elle sera dans l’entrée du port de Montréal pour commémorer l’évènement dans un rassemblement.
Juste le temps de dire à ces gens à Beyrouth que nous pensons à eux, et puis de dénoncer ce silence par rapport à ce crime.
Randa Ghossoub, Québécoise d'origine libanaise
L’activité se veut sans affiliation politique ni religieuse, précise-t-elle.
« C’est vrai que le Liban a fait couler beaucoup d’encre et que les gens en ont ras le bol, mais n’empêche qu’il y a des êtres humains là-bas qui souffrent énormément, qui sont très mal pris », ajoute-t-elle.
Comme plusieurs Libanais interviewés, elle note les drames successifs vécus dans son pays d’origine, petit bout de terre de 6,8 millions d’habitants.
La guerre civile, notamment, de 1975 à 1990, a poussé nombre de Libanais à fuir le pays.
C’est d’ailleurs ce conflit qui a convaincu la belle-famille de Sayde Jabra de s’exiler au Canada à l’époque. Mais même si l’an dernier, elle a elle aussi décidé de partir, comme d’autres parents avant elle craignant l’insécurité, elle garde espoir qu’une nouvelle génération de politiciens reprenne les rênes du pays, offrant une perspective de retour pour elle.
« Nous n’abandonnons jamais. Nous avons vécu beaucoup de choses, mais ça ne nous arrête pas », dit-elle fermement.
78 000
Nombre de personnes d’origine libanaise résidant au Québec, selon le recensement de 2016 de Statistique Canada